Première plongée statique pour le sous-marin nucléaire d'attaque Perle, trois ans après un incendie à bord

Le sous-marin nucléaire d’attaque français Perle prépare son retour. Après un incendie destructeur à son bord en juillet 2020 et une spectaculaire reconstruction, le submersible a connu ses premiers essais en surface le 17 mai 2023, et sa première plongée statique le 22 mai. Des tests concluants.

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le sous-marin nucléaire Perle reprend la mer, 3 ans après l'incendie à son bord
Le sous-marin nucléaire Perle reprend la mer, trois ans après un incendie.

La Perle prend la mer... sans prendre l'eau. «Le sous-marin nucléaire d'attaque (SNA) Perle a franchi le lundi 22 mai une étape majeure en réalisant sa plongée statique», a annoncé mardi 23 mai le ministère des Armées. Une étape qui intervient près de trois ans après le grave incendie ayant endommagé le submersible.

Cette étape a permis de vérifier l’étanchéité de la coque et d’effectuer la pesée du bâtiment. L’équipage Bleu, commandé par le capitaine de frégate Nicolas Maigne, conduit ces essais. Quelques jours plus tôt, des essais  de propulsion et de manoeuvrabilité en surface avaient été conduits.

L’incendie a entraîné des dégâts importants à l’avant du Perle

Mis à l’eau en 1993, le Perle a été touché par un violent incendie en juillet 2020. C’est lors d’un chantier d’indisponibilité périodique pour entretien et réparations (IPER), dans la zone Missiessy de l’escadrille des SNA de Toulon (Var), qu’une prise de feu a démarré. Un incident en cale sèche dont la cause semble provenir d’un éclairage qui aurait embrasé une feuille de plastique en vinyle. Des dégâts importants à l’avant du sous-marin, heureusement vidé de ses armes, de ses équipements électroniques et de son réacteur nucléaire, ont exigé une importante remise à l’état du submersible. La ministre des armées Florence Parly avait annoncé sa réparation après vérification de faisabilité.

Les travaux de réparation et d’entretien ont duré 10 mois

Un chantier de réparation et d’entretien a été entrepris sur une durée de 10 mois. Le «Perle» a tout d’abord été convoyé à Cherbourg (Manche) sur un bateau. La moitié avant du Perle a été remplacée par celle du Saphir, un sous-marin de la même classe, désarmé en 2019, grâce à des procédés de découpe et de soudage. Le Perle en a profité pour gagner 1 mètre de long, 68 tonnes, et atteindre le poids total de 2.700 tonnes en plongée. Le sous-marin reconstruit a ensuite regagné Toulon pour reprendre les travaux d’entretien IPER qui avaient été interrompus par l’incendie de 2020.

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Programmés tous les 10 ans, les travaux IPER sont multiples : rechargement du cœur en uranium pour redonner du potentiel à sa propulsion nucléaire, requalification de la chaufferie nucléaire, contrôle des installations, de l’armement (torpilles et missiles antinavires), du système de combat et de sa propulsion. Tous ces travaux ont été conduits par l’industriel français Naval group, sous la maîtrise d’ouvrage du Service de soutien de la flotte (SSF) - le service de maintenance de la marine nationale.

Une prochaine reprise de service

Le ministère des Armées a d’ores-et-déjà annoncé que le Perle reprendrait le service opérationnel «à l’issue de sa période d’essais à la mer après vérification de sa capacité à naviguer en sécurité puis validation de ses systèmes de combat». Ce retour importe pour la stratégie de la marine nationale, fondée sur la présence de six SNA. Ces navires ont pour mission d’appuyer les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins et d’escorter le joyau de la dissuasion française, le porte-avions Charles-de-Gaulle.

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