Un échouage douloureux pour le chantier naval Meta Yachts à Tarare, dont l'atelier est à Villefranche-sur-Saône (Rhône). Le tribunal de commerce de Villefranche-sur-Saône n'a pas approuvé le plan de relance porté par un business angel en soutien du propriétaire, Philippe Brabetz. Le juge a prononcé, le 8 juillet, la liquidation de cette PME de 10 personnes qui était en cessation de paiement depuis avril.
Repris en 2020, alors qu'il réalisait 500000 euros de chiffre d'affaires, ce chantier naval spécialisé dans les coques en aluminium a connu une phase d'expansion jusqu'en 2024, en atteignant près de 2 millions d'euros et 15 salariés. Le dirigeant, architecte naval, avait même relancé le bureau d'études et pris un atelier neuf de 800 mètres carrés sur le port de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Beaujolais, à Villefranche-sur-Saône, en janvier 2024. Il projetait de transformer un local de réparation sur le port Saint-Louis-du-Rhône (Bouches-du-Rhône) en atelier de production de catamarans.
Un marché public jamais notifié
Sauf qu'il a essuyé un premier grain avec un bateau commandé par l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE). «Nous avons passé beaucoup plus de temps que prévu sur sa conception et sa mise au point. Nous aurions dû le vendre plus cher», déplore Philippe Brabetz. Les revenus ont augmenté, mais les charges aussi, et la trésorerie s'est tendue.
En septembre 2024, Meta Yachts remporte un appel d’offres de la communauté d’agglomération Paris Est Marne et Bois à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne) pour deux navettes fluviales à propulsion électrique. «Ce marché à 4,8 millions d’euros aurait sécurisé notre chiffre d’affaires. Et nous avons repoussé d'autres commandes pour pouvoir le réaliser», dit Philippe Brabetz. Mais l'incertitude politique et la chute du gouvernement Barnier ont poussé la collectivité locale à repousser le vote de son budget et la notification du marché. D'autant qu'elle misait sur une participation financière d'Île-de-France mobilités. Spécialisée dans les coques robustes en aluminium, l'entreprise existe depuis 1962. C'est elle qui a fourni les voiliers du chanteur Antoine. Le dirigeant espère toujours qu'un investisseur reprendra les actifs auprès du liquidateur.



