Les succès s'enchainent pour Naval Group. Une semaine seulement après la première sortie en mer du bâtiment ravitailleur de forces Jacques Chevallier, co-construit avec Les Chantiers de l'Atlantique, un autre de ses navires prend le large. Le sous-marin nucléaire d'attaque (SNA) Duguay-Trouin, dont le chantier avait débuté en juin 2009, a en effet quitté le port de Cherbourg (Manche) lundi 27 mars. Comme l'explique l'industriel tricolore dans un communiqué, le bâtiment devra passer divers tests avant sa livraison à la Marine nationale, prévue d'ici à la fin de l'année.
La sortie en mer du Duguay-Trouin constitue une nouvelle étape significative pour le programme Barracuda, qui vise à remplacer les cinq SNA tricolores de type Rubis, mis en service au cours des années 1980, par six SNA flambant neufs. Un projet colossal, dont le coût dépasse déjà les 9 milliards d'euros en raison du retard accumulé depuis son lancement. Le premier SNA de cette génération, le Suffren, a été livré à la Marine nationale en novembre 2020. Actuellement en construction, les quatre exemplaires restants (Tourville, de Grasse, Rubis et Casabianca) devraient suivre d'ici à 2030.
Deux fois plus d'armement
Capables de plonger à plus de 300 mètres de profondeur, les SNA de type Suffren ont été dotés des dernières technologies maritimes (comme le mât optronique, qui assure une meilleure collecte d’informations visuelles que le mât télescopique). « Plus discrets, dotés de plus d’autonomie et de meilleures capacités de détection, ces SNA sont aussi plus manœuvrables et mobiles grâce à leurs moyens de navigation et de communication, et leur conduite centralisée et automatisée », précise Naval Group.
Deux fois plus volumineux que leurs prédécesseurs (5 300 tonnes en plongée), ces navires de 99 mètres de long embarquent également deux fois plus d'armement. Ils ont notamment été équipés de mines, de torpilles lourdes F21 (elles aussi fabriquées par Naval Group), de missiles anti-navire Exocet SM39 et de missiles de croisière navals, qui disposent d'une portée de plusieurs centaines de kilomètres.
Outre Naval Group, plusieurs industriels de renom et une centaine de PME sous-traitantes ont travaillé sur le programme Barracuda depuis son lancement, pour un total de 10 000 employés. Parmi les principaux fournisseurs, on retrouve notamment TechnicAtome (composants des chaufferies nucléaires), MBDA (missiles), Safran (détection en surface), Thales (détection sous-marine) et Jeumont (alternateurs).
Arnaud Hebert - Naval Group 


