La start-up du nucléaire Newcleo continue à s’intéresser à la France, depuis qu’elle veut y construire l'un de ses premiers réacteurs SMR fonctionnant à partir de déchets nucléaires. Le 7 août 2023, la société a annoncé racheter le groupe franco-suisse Rütschi, spécialiste entre autres en pompes nucléaires, pour 68,9 millions d’euros à Gruppo Aturia.
Crée en 1946 à Brugg en Suisse, le Groupe Rütschi revendique plus de 70 ans d’expérience dans la fabrication de systèmes de pompage. Spécialiste des pompes centrifuges pour des applications nucléaires, il annonce avoir fourni plus de 5000 pompes, dont encore 4000 en activité, sur plus de 150 centrales en Europe et dans le monde depuis les années 1960.
Une présence renforcée en France
Cet achat est «un pas significatif dans la stratégie d’industrialisation de Newcleo, pour fabriquer directement les composants clés de ses réacteurs nucléaires», souligne l’entreprise dans un communiqué. L'objecif ? «Accélérer le développement de notre réacteur rapide refroidi au plomb (LFR).» Les 70 employés du groupe franco-suisse s’ajouteront aux 150 de Newcleo, répartis entre Londres, Turin et Lyon. Sur les deux sites de production de Rütschi, l’un est à Möhlin au nord de la Suisse. Le second se trouve à Mulhouse (Haut-Rhin), et le groupe y voit une «opportunité d’une extension». Newcleo renforce ainsi sa présence dans l’Hexagone, décrite comme un «marché clé».
En mai 2023, la start-up créée en 2021 avait annoncé investir 3 milliards d’euros pour son réacteur nucléaire innovant dans la vallée du Rhône. Lauréate de France 2030, la start-up projette de livrer son premier prototype de réacteur SMR à 30 mégawatts (MG) d’ici 2030 pour 1,2 milliard d’euros. Celui-ci reprendrait la technologie du surgénérateur Superphénix, abandonnée en 1997 après entre autres des problèmes techniques et des coûts très élevés. Une ligne de combustible MOX (obtenu à partir traitement du combustible usé des centrales nucléaires) doit également être construite pour 1,8 milliard d’euros.



