Ce ne sera donc pas Technip Energies qui reprendra les actifs éoliens flottant de Naval Group. Le groupe de construction naval français a annoncé le 4 juin qu’il cédait ses derniers actifs dans les énergies marines au parapétrolier italien Saipem. Il s’agit d’une trentaine de personnes expertes en modélisation et simulation, basées à Brest (Finistère) et à Nantes (Loire-Atlantique), ainsi que la propriété intellectuelle sur un flotteur métallique d’éolienne en mer tripode semi-submersible et son système d’ancrage, qu’ils ont développés.
Un concept qui doit équiper une des quatre fermes flottantes de France, celle de Groix - Belle-Île (Morbihan) pilotée par la société Eolfi, croquée fin 2019 par un autre étranger, la compagnie pétrolière anglo-néerlandaise Royal Dutch Shell. Mais encore aucun prototype en mer, ni même en construction.
Déjà des actifs dans le domaine
Le dossier de Saipem est en effet apparu le plus solide en termes industriels mais aussi sur le volet social. "Saipem est un acteur qui a une vision stratégique de long terme dans les énergies marines et l’éolien flottant, explique Virginie Lemière, la directrice communication de Naval Energies, filiale désormais complètement vide de Naval Group. Le pétrolier vient de créer une BU New Energy énergies marines au sein de sa division E&C offshore, que les actifs de Naval Energies viendront compléter." Saipem a en effet déjà développé un cadre de stabilité pour des éoliennes de 6 MW du projet d’éolien flottant Hywind du norvégien Equinor à 30 kilomètres au nord-est de l’Écosse. Lancé en 2017, le parc pilote doit entrer en service en 2022.

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Mieux disant social
Surtout, le parapétrolier italien est implanté en France depuis 2002 avec ses filiales Saipem SA et Sofresid Engineering SA, « ce qui va faciliter l’intégration des salariés », explique la porte-parole de Naval Group. Selon elle, « les conditions sociales étaient importantes » dans le choix de l’acquéreur et l’offre de Saipem était "solide". Reste à persuader les experts français de rejoindre Saipem. Car tout n’est réglé. « Il reste encore des étapes administratives avant le closing », rappelle Virginie Lemière. Technip Energies, qui avait affiché sa volonté de se développer dans l’éolien flottant au début de l’année, va devoir chercher une autre option. Et les anti-éolien français, qui pointent déjà la forte présence d’acteurs étrangers dans les projets d’éolien en mer, risquent d’utiliser cette cession pour alimenter leur bronca politique contre les énergies renouvelables.



