Pourquoi Carbios réduit ses effectifs de 40%

Rien ne va plus chez Carbios. L’entreprise clermontoise pionnière du biorecyclage des plastiques traverse une période critique marquée par un vaste plan de réorganisation, le remplacement de son directeur général et le report de son projet d’usine.

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Carbios
Carbios doit réduire la voilure face à une conjoncture économique défavorable.

Face à une «conjoncture économique défavorable» et à la nécessité de réduire ses coûts, Carbios a annoncé le 28 janvier 2025 un plan de restructuration qui pourrait entraîner la suppression d’environ 40% des postes sur ses sites de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Toulouse (Haute-Garonne) et Longlaville (Meurthe-et Moselle). Carbios emploie environ 170 personnes, dont la plupart sont basées à Clermont-Ferrand. Aucun renseignement n’a été donné pour l’heure sur le détail de ce plan.

«Ce projet s’inscrit dans le cadre du pilotage resserré des dépenses annoncé le 19 décembre dernier», justifie la direction. L’entreprise tente en effet de préserver sa trésorerie, estimée à 107 millions d’euros au 31 décembre 2024, et de maîtriser ses liquidités.

Créée en 2011, Carbios avait accéléré son développement en 2021, en s’installant au Centre des matériaux durables de Clermont-Ferrand, sur l’ancien site Michelin de Cataroux. Elle y avait implanté son démonstrateur industriel, première étape vers l’industrialisation d’un procédé de dépolymérisation de plastique PET. Le déploiement industriel de ce procédé était prévu à plus grande échelle dès 2025 avec la construction d'une unité de production dont le montage a commencé sur le site de Longlaville (Meurthe-et-Moselle). La pose de la première pierre a eu lieu en avril 2024.

Mais toute la stratégie de l’entreprise a été redéfinie. Le projet d’usine de biorecyclage du PET à Longlaville, qui devait être une vitrine industrielle de la technologie enzymatique de Carbios a été suspendu. L’entreprise a annoncé «un report de 6 à 9 mois des travaux» en raison de «financements complémentaires non encore sécurisés». La direction assure toutefois que ce projet n’est pas remis en cause et que ce délai permettra de «poursuivre les discussions commerciales sans pression excessive sur la trésorerie». L’objectif de production des premiers volumes pour le marché est désormais fixé à 2027.

Retour temporaire du fondateur aux manettes

Face aux difficultés, Carbios a remanié sa direction. Emmanuel Ladent, qui dirigeait le groupe depuis 2021 après une carrière chez Michelin, a été remplacé en décembre par Philippe Pouletty, fondateur de l’entreprise et président du conseil d’administration. Ce dernier assure l’intérim en attendant la nomination d’un nouveau directeur général.

Carbios, malgré ces turbulences, réaffirme «sa volonté d’atteindre ses premiers accords commerciaux au premier semestre 2025». L’entreprise mise sur ses innovations pour convaincre des investisseurs et relancer sa dynamique industrielle. Reste à voir si ces mesures suffiront à rassurer les marchés et à stabiliser la société.

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