Pompes à chaleur, chaudières gaz, fioul... Les gagnants et les perdants de la crise énergétique en 2022

Les ventes de pompes à chaleur air/eau, de chaudières bois et de systèmes de VMC ont grimpé en 2022 dans les logements individuels, sous l’effet de la crise de l'énergie et des dispositifs d’aides. La lisibilité de ces derniers pose toutefois question, regrettent les industriels.

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Pompe à chaleur
Les pompes à chaleur ont le vent en poupe.

Une nouvelle fois, l’essor de la rénovation de l’habitat favorise les ventes de nombreux équipementiers du bâtiment. Les aides publiques ont amplifié le mouvement. En témoigne la hausse de 30% du marché français des pompes à chaleur (PAC) air/eau, avec 346 313 unités vendues par les industriels. «Il faut vraiment reconnaître que MaPrimeRenov’ et le Coup de pouce chauffage ont permis d’étendre le marché de la pompe à chaleur à des populations modestes. Néanmoins, la faible disponibilité des matériaux a freiné les livraisons. Les usines tournent à plein régime, mais sans ces contraintes, on aurait pu certainement faire mieux», expliquent les dirigeants d’Uniclima, le syndicat des industries thermiques, aérauliques et frigorifiques.

Les ventes de PAC monobloc (qui réunissent l’évaporateur et le condensateur dans une même unité, positionnée à l’extérieur du logement) ont bondi de 42% sur un an, tandis que celles de PAC bibloc ont grimpé de 28%, à 299 714 unités. Ces dernières, qui représentent 86% du marché français, sont reconnues par la profession comme étant moins chères et plus faciles à installer.

Ces bons chiffres sont soutenus par le dynamisme des permis de construire déposés en 2021, plusieurs mois de délai intervenant entre leur dépôt et la commande des équipements. «On sait que le marché de la construction neuve est actuellement en train de fléchir», constate, fébrilement, Jean-Paul Ouin, le délégué général d’Uniclima. La hausse des prix de l'énergie a également incité les Français à rechercher de nouveaux modes de chauffage.

Le prix des granulés s’incruste dans la trajectoire des chaudières bois

Autre progression marquante du secteur, ici aussi sous l’impulsion de la bonne tenue du segment de la rénovation, celle des chaudières bois (+24%, à 24 000 unités). Pour autant, au cours du deuxième semestre 2022, les ventes ont fléchi, compte tenu de l’inquiétude des consommateurs quant aux approvisionnements en granulés. «Les prix du granulé semblent en baisse, mais il est compliqué de vendre les stocks à perte. Il n’y a pas de pénurie de granulés. Le gros challenge, c’est que la filière doit redonner confiance aux consommateurs, et doit faire oublier cet incident de parcours. Ces vingt dernières années, il y a eu une stabilité des prix du granulé», commente Eric Trendel, président du Syndicat français des chauffiéristes biomasse. La revalorisation, en faveur de la biomasse, de MaPrimeRenov’ et du «Coup de pouce chauffage», n’a quasiment pas produit d’effets, ajoute-t-il.

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Dans la foulée de l’explosion des prix des granulés, le marché de la chaudière bois-bûches a progressé (sans chiffres spécifiques). Cependant, faute d’avoir anticipé cette hausse, les industriels étaient en manque de ballons tampon, sans lesquels il n’est pas possible d’installer de chaudières bois-bûches.

Les VMC soufflent le chaud et le froid

Concernant les systèmes de ventilation mécanique contrôlée (VMC), sur le logement individuel, les ventes ont baissé de 4,2%, à 885 106 unités. Dans les pavillons individuels, les aides apportées par l’intermédiaire de MaPrimeRenov’ ont contribué à faire bondir de 44,2% les ventes de VMC double flux, à 42 230 unités. Les ventes de VMC simple et double flux sur le logement collectif et les bâtiments tertiaires sont, elles, en repli de 9,2%.

Hors du champ de la rénovation chez les particuliers, en matière de climatisation tertiaire, les systèmes à débit de réfrigérant variable ont vu leurs ventes s’accroître de 9% en nombre de groupes extérieurs, et de 7% en nombre de groupes intérieurs. Avec 35 000 appareils vendus (groupes extérieurs), il s’agit d’un record historique, porté par la rénovation des bâtiments tertiaires. Pour les refroidisseurs de liquides (chillers), les ruptures de composants électroniques ont affecté les groupes à air, qui représentent 80% du marché français.

Les chaudières gaz et fioul à la peine

La forte dépendance du secteur aux aides à la rénovation incite ses représentants à plaider pour davantage de lisibilité et de stabilité. «Cela fait des années que tout le monde s’accorde pour dire qu’il faut que les dispositifs d’aides soient simples et stables. CEE, MaPrimeRenov’, Coup de pouce : c’est de la complexité là où il faudrait de la lisibilité, et tous les six mois, les conditions changent. On avait du soutien pour les chaudières gaz. Cet arrêt total des dispositifs se traduit des pièces en moins», martèle Jean-Paul Ouin.

Les chaudières gaz et fioul voient en effet leurs ventes dégringoler (-29% en 2022, à 508 000 unités). Depuis juillet 2022, la pose de chaudières au fioul ou charbon est interdite.

Pour préparer l’avenir, la profession planche actuellement sur la rédaction de «profils environnementaux produits», permettant de disposer de référentiels liés aux impacts des appareils électroniques, électriques et de génie climatique.

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