Le 10 janvier 2022, Albert Bourla, PDG de Pfizer, avait déjà annoncé sur la chaîne américaine MSNBC le début de la production d’un nouveau vaccin ciblant spécifiquement le variant Omicron. Le groupe pharmaceutique et son partenaire BioNTech ont confirmé par communiqué mardi 25 janvier avoir commencé à travailler sur les essais cliniques de ce nouveau vaccin, comportant 1 420 personnes, âgées de 18 à 55 ans. L'essai vise à estimer la capacité du sérum à relever la réponse immunitaire des participants.
«Alors que les recherches actuelles et les données recueillies sur le terrain montrent que les doses de rappel continuent de fournir un niveau élevé de protection contre les formes graves et les hospitalisations liées à Omicron, nous reconnaissons la nécessité d'être préparés au cas où cette protection diminuerait avec le temps», a déclaré Kathrin Jansen, vice-présidente du groupe et responsable des vaccins chez Pfizer. «De nouvelles données indiquent que la protection induite par le vaccin contre les infections et les formes légères à modérées diminue plus rapidement [à cause d'Omicron] que ce qui a été observé avec les souches précédentes», abonde Ugur Sahin, directeur de BioNTech, qui souhaite que le nouveau vaccin atteigne le même niveau de protection vis-à-vis d'Omicron que des autres variants mais sur une période plus longue.
Quatre milliards de doses de vaccin Pfizer attendues en 2022 dans tous les cas
Plusieurs personnes ayant déjà participé aux études de phase 3 sur la dose de rappel feront également partie de celles sur le nouveau sérum. Les 1 420 participants seront répartis en trois groupes : le premier, de 615 personnes, aura déjà reçu deux doses du vaccin Pfizer 90 à 180 jours avant l’essai clinique, et se verra administrer une ou deux doses du nouveau vaccin ; le second, de 600 personnes, aura déjà reçu trois doses du vaccin Pfizer à ces mêmes dates, et ne se verra donc administrer qu’une dose du nouveau vaccin ; quant au troisième groupe, de 205 personnes, il sera constitué de participants n’ayant jamais été vaccinés, et qui recevront donc trois doses du vaccin spécifique à Omicron. Les deux groupes pharmaceutiques espèrent que le nouveau sérum sera autorisé dès le mois de mars.
Pfizer précise dans un communiqué que les quatre milliards de doses de vaccin contre le Covid-19 attendues en 2022 pourront bien être livrées, «un rendement qui ne devrait pas changer si un vaccin adapté [à Omicron] est requis».
Le sous-variant BA.2 surveillé
Si les contaminations liées au variant Omicron commencent à refluer en Europe, les scientifiques scrutent de très près son «petit cousin» BA.2, un sous-variant d’Omicron qui n’échapperait pas aux vaccins mais serait plus transmissible. En Inde et au Danemark, il serait déjà devenu majoritaire. «Ce que nous disent les Danois, c’est que ce variant est exactement le même [qu’Omicron], à une différence près : on pourrait se recontaminer au BA.2 même lorsqu’on aurait été contaminé au variant Omicron», a résumé le ministre de la Santé, Olivier Véran, mardi 25 janvier sur LCI. D’après le ministre, seuls 60 cas ont pour l’instant été repérés en France.



