Depuis le 1er octobre 2024, Séverine Lemoine, docteure en pharmacie de l’Université Paris V (désormais Paris Cité) et titulaire d’un mastère en marketing et management de l’Essec, est la nouvelle directrice générale de Moderna France. Elle coordonnera l’ensemble des activités et soutiendra l’accès des vaccins et solutions thérapeutiques à base d’ARN messager de Moderna en France.
Séverine Lemoine remplace Sandra Fournier, qui occupait ce poste depuis juin 2021 et qui a mis en place les opérations françaises du laboratoire américain spécialisé dans les vaccins et les traitements thérapeutiques à base d’ARN messager.
Plus de vingt ans d’expérience dans les labos
Cheffe de produit chez AstraZeneca entre 2002 et 2005, Séverine Lemoine a participé au lancement d’Arimidex, un produit indiqué dans le traitement du cancer du sein, avant de rejoindre Novartis pour prendre en charge le marketing de la marque Zometa (acide zolédronique) et de traitements anticancéreux. Elle passe ensuite dix ans chez Roche, entre 2010 et 2020, d’abord à des postes commerciaux en onco-hématologie, en oncologie et sur des traitements liés au cancer du sein, avant de prendre la responsabilité de l’unité dédiée à la cancérologie du sein en 2016, et de devenir cheffe de l’unité chargée de l’oncologie en 2018, dont elle a participer à la création.
Première employée de la filiale française de la biotech américaine Seagen en avril 2020 (rachetée fin 2023 par Pfizer) elle crée cette entité en procédant à l’obtention des différentes autorisations, aux recrutements et au lancement d’un nouveau traitement Tukysa, contre le cancer du sein. Membre du Cercle de réflexion des industries de santé, qui réunit des dirigeants d’entreprises de santé françaises, elle a cofondé le Cercle des dirigeantes des industries de santé et a suivi le programme «Women board ready» de l’Essec.
Des ventes en baisse dans le monde
Cette nomination intervient dans un contexte tendu pour Moderna. En août dernier, l’entreprise a abaissé ses prévisions de ventes pour 2024, prévoyant un chiffre d'affaires annuel compris entre 3 et 3,5 milliards de dollars, contre une prévision initiale d'environ 4 milliards de dollars en 2024. Le laboratoire a accusé une perte nette de 4,7 milliards de dollars en 2023, notamment liée à la baisse des ventes de ses vaccins contre le Covid, qui l’avaient fait connaître auprès du grand public au plus fort de la pandémie.
Estimant que les vaccins antigrippaux représenteront un marché de près de 7 milliards de dollars en 2024, Moderna a annoncé en avril un accord avec le fonds d’investissement américain Blackstone, qui doit fournir 750 millions de dollars (694 millions d’euros) à Moderna pour avancer en R&D sur le sujet. Des paiements et des redevances liées aux ventes doivent être reversés à Blackstone. Le laboratoire planche par ailleurs, aux Etats-Unis, sur un vaccin contre la grippe aviaire.



