Les vaccins à ARNm continuent de faire parler d’eux. Après le Covid-19, c’est cette fois-ci pour prévenir les infections dues au virus herpes zoster (HZV), responsable du zona, que Pfizer et BioNTech veulent développer un vaccin basé sur cette technologie.
Les deux entreprises viennent en effet de signer un troisième accord de licence concernant ce type de vaccin après des produits positionnés contre la grippe traditionnelle et le Covid-19.
Selon les termes de ce nouvel accord, Pfizer versera à BioNTech 225 millions de dollars (198 M€) en paiement initial, dont un paiement en espèces de 75 M$ et un investissement en capital de 150 M$. Concernant les paiements d’étapes, la biotech est éligible à recevoir jusqu’à 200 M$. Pfizer recevra, par ailleurs, un paiement initial de 25 M$ de BioNTech pour ses séquences antigéniques.
Le laboratoire et la biotech se partageront les coûts de développement, Pfizer détiendra les droits de commercialisation à l’échelle mondiale, à l’exception de l’Allemagne, de la Turquie et de certains pays en développement où BioNTech les conservera. Les premiers essais cliniques devraient démarrer au second semestre 2022.
« Pfizer et BioNTech ont codéveloppé le premier vaccin à ARNm au monde, fournissant un outil bien toléré et efficace pour aider à lutter contre le Covid-19 et démontrant une fabrication rapide et de haute qualité à une échelle sans précédent », a déclaré Mikael Dolsten, le directeur scientifique et président de la R&D de Pfizer.
Avec ce développement, Pfizer et BioNTech viennent concurrencer GlaxoSmithKline (GSK) et son Shingrix, un vaccin à protéine recombinante avec adjuvants sur cette même indication, dont les ventes en 2020 se sont élevées à deux milliards de livres (2,3 Mrds €). Impactées par la crise du Covid, les ventes de Shingrix pourraient doubler d’ici à 2025.
C’est en tout cas la projection réalisée par GSK pour son produit, signe du marché potentiel sur lequel viendrait se positionner le futur produit de BioNTech et Pfizer. Ce nouveau développement annoncé témoigne du dynamisme du marché des vaccins à ARNm depuis leur déploiement contre le Covid-19.
Des perspectives sur de nombreuses cibles
Si BioNTech va encore profiter longtemps de la locomotive de son vaccin contre le Covid-19, Pfizer projette ainsi plus de 50 Mrds $ de ventes en 2022, les vaccins à ARNm continuent de voir leurs indications élargies.
Sur les maladies infectieuses, BioNTech dispose également d’un programme contre la grippe traditionnelle, pour lequel elle devra affronter la concurrence de Sanofi et Moderna qui développent également leurs propres produits.
Mais la biotech allemande cherche surtout à se positionner sur des marchés non adressés et travaille, encore à des stades précoces, sur des vaccins contre la tuberculose, le paludisme ou le VIH.
Le Covid-19, ou les maladies infectieuses, ne sont qu’une part des cibles potentielles des vaccins à ARNm. BioNTech dispose ainsi de onze candidats médicaments positionnés en oncologie dont les plus avancés sont en essai clinique de phase II, avec un résultat sur le mélanome attendu cette année. La technologie pourrait également trouver des débouchés sur les maladies auto-immunes ou la médecine régénérative.
Autant de promesses que Sanofi a bien identifiées, puisque le laboratoire français, après avoir noué plusieurs collaborations, avait finalement racheté son partenaire Translate Bio, en août 2021 et annoncé la création d’un centre d’expertise sur les vaccins à ARNm. Après le temps de la preuve de concept, les produits à base d’ARNm devraient continuer à faire parler d’eux dans la décennie qui vient.



