Le laboratoire italien Recordati a récupéré les droits de commercialisation de Vazkepa (icosapent éthyl) pour 59 pays, avec un focus sur l’Europe où il est approuvé depuis 2021 mais où sa commercialisation reste récente. Le laboratoire Amarin, qui détenait les droits, n'avait pas fait mystère de sa volonté de développer les ventes de son composé, le seul qu'elle a réussi à mettre sur le marché jusqu'à présent, via des partenariats locaux.
« Nous sommes satisfaits de placer Vazkepa, un médicament avec des effets bénéfiques cardiovasculaires prouvés lorsqu’il est associé aux statines, dans les mains d’un partenaire avec les capacités et l’expérience sur cette aire thérapeutique », s’est ainsi félicité Odysseas Kostas, le président d’Amarin.
Amarin veut faire des économies
La cession de droits s’inscrit dans une logique plus globale de restructuration de la stratégie du laboratoire américain, qui conserve les droits de Vazkepa pour les États-Unis, avec l’objectif de réaliser des économies de fonctionnement et de ne pas assumer la totalité de la commercialisation du composé dans le monde.
Recordati, qui réalise 25 % de ses ventes de médecine de spécialités en cardiologie récupère les droits en échange d’un paiement initial de 25 millions de dollars, assorti de paiements complémentaires pouvant atteindre les 150 M$, en fonction de seuils de ventes.
Recordati continue de grandir
« Vazkepa est une option de traitement best-in-class qui complète notre portefeuille existant. Il est soutenu par des données cliniques robustes (…) et contribuera à la croissance de notre segment de médecine de spécialités dans les années à venir », s’est félicité Rob Koremans, le p-dg du laboratoire italien basé à Milan. Le traitement est indiqué, en complément des statines, pour les patients avec un taux élevé de triglycérides et à risque d’incident cardiaque. Il a notamment obtenu un remboursement en Italie. Le traitement est commercialisé en Europe dans onze pays et a généré des ventes de 12 M€ en 2024, avec des projections à 40 M€, d'ici à 2027.
Recordati a connu une croissance élevée ces dernières années. Alors qu'il ne réalisait qu'un milliard d'euros de chiffres d'affaires en 2015, il a franchi le cap des deux milliards d'euros en 2023 et vise les trois milliards à l'horizon 2027. Le laboratoire a réalisé des acquisitions ciblées pour alimenter cette croissance. En 2024, il n'avait ainsi pas hésité à débourser plus de 800 millions d'euros pour racheter à Sanofi l'Enjaymo, un traitement d'une maladie rare.



