520 millions d’euros sur cinq ans. C’est l’enveloppe prévue par Pfizer en France, selon le projet dévoilé à l'occasion de l’édition 2022 de Choose France, avec un volet production et un second axé sur la recherche et développement. Dans ce cadre, le laboratoire américain a signé un contrat avec le sous-traitant français Novasep pour la production d’une substance active de son traitement anti-Covid-19, Paxlovid. 40 postes seront créés chez Novasep pour ce projet. Le second volet se déclinera en plusieurs projets. Pfizer prévoit des collaborations de recherche préclinique, envisage des financements en capital-risque dans des entreprises françaises de biotechnologie, et entend aussi augmenter ses essais cliniques sur le territoire ces cinq prochaines années.
Après la sous-traitance d’étapes de formulation et de conditionnement de son vaccin anti-Covid-19 Comirnaty avec l’allemand BioNTech, confiée au français Delpharm à Saint-Rémy-sur-Avre (Eure-et-Loir), Pfizer engage cette fois la sous-traitance en France de son traitement anti-Covid-19 Paxlovid. Celui-ci se présente sous forme de comprimés, et est actuellement en cours d’examen par l’Agence européenne des médicaments (EMA) en amont d’une possible autorisation de mise sur le marché. Il pourrait être disponible en France dès la fin du mois de janvier, selon les propos d'Olivier Véran, le ministère des Solidarités et de la Santé, tenus lors d’une audition au Sénat le 10 janvier.
Deux molécules pour Paxlovid
L’usine de Novasep à Mourenx (Pyrénées-Atlantiques) sera en charge de la production d’un ingrédient pharmaceutique actif (API), le cœur du médicament. Selon un porte-parole du laboratoire, le contrat porte sur la production du PF-07321332, dont la fonction est de bloquer l’enzyme responsable de la multiplication du virus Sars-CoV2 dans l’organisme. Le traitement Paxlovid associe en réalité deux molécules : le PF-07321332 et le ritonavir, qui ralentit la diffusion de la première molécule pour plus d’efficacité.
A Mourenx, la « mise en place du transfert de technologie va démarrer immédiatement », précise une porte-parole de Pfizer France. Suivront le développement de l’unité et l’installation des équipements, avec un démarrage des productions commerciales au troisième trimestre de cette année. Mais le laboratoire américain envisage déjà « une future extension à d’autres sites de Novasep afin d’augmenter considérablement les volumes en 2023 », précise-t-il dans un communiqué. En France, Novasep dispose aussi d’usines à Chasse-sur-Rhône (Isère), au Mans (Sarthe) et à Pompey (Meurthe-et-Moselle). En France, Pfizer ne dispose plus d’usine de production. La filiale française, qui recense 1 100 collaborateurs dispose seulement d’un siège social implanté à Paris.
Oncologie, maladies et auto-immunes et ARNm
Sur les investissements en R&D, Pfizer n’a pas encore détaillé ses projets sur les cinq années à venir. En ce qui concerne les collaborations et les prises de participation dans des entreprises françaises de biotechnologies, le groupe donnera la priorité à l’oncologie, les maladies rares, les maladies auto-immunes et la technologie ARNm. Au sujet du renforcement de sa recherche clinique en France, Pfizer visera à augmenter le nombre de participants à ses essais cliniques menés sur le territoire, en travaillant avec les établissements de santé, avec une priorité donnée aux médicaments dans les aires thérapeutiques des maladies rares et de l’oncologie.



