[Choose France 2022] Pfizer, GSK, BMS… Plus de 800 millions d’euros d’investissements pharma annoncés

Plus de 800 millions d’euros et plus de 800 créations de postes sont annoncés dans l’industrie pharmaceutique dans le cadre de Choose France 2022. Six grands projets de production, de recherche et de transition numérique menés par les laboratoires américains Pfizer, BMS et Biogen, l’allemand Merck, le britannique GSK et l’italien Dedalus ont été dévoilés le 16 janvier dans la soirée.

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Novasep
Pfizer prévoit plus de 520 millions d'euros d'investissements en France, en particulier un projet de sous-traitance pour un traitement contre le Covid-19 avec le groupe Novasep (photo).

La santé aimante à nouveau les investissements internationaux dans le cadre de l’édition 2022 de Choose France. Si cette année, en valeur, la chimie surpasse pour une fois la pharma, ce dernier secteur concentre presque un quart des dossiers retenus. Sur 21 projets annoncés, six sont menés par des acteurs pharmaceutiques, représentant plus de 800 millions d’euros d’investissements cumulés et la création d’au moins 800 postes sur tout le territoire. En attendant le détail des projets, tour d’horizon des différentes annonces.

Plus de 520 millions d'euros pour Pfizer

Pas moins de trois laboratoires américains s’engagent lors de cette édition. Au premier rang desquels le géant Pfizer, qui envisage d’investir plus de 520 millions d’euros en France. S’il n’est pas là question de vaccin, il y a tout de même un lien direct avec la lutte contre le Covid-19. Pfizer va initier un projet de production d’un traitement contre le Covid-19 avec le sous-traitant français Novasep. Lequel détient des sites pharmaceutiques à Chasse-sur-Rhône (Isère), au Mans (Sarthe)  et à Pompey (Meurthe-et-Moselle). Mais c'est son site de Mourenx (Pyrénées-Atlantiques) qui participera à la fabrication du Paxlovid, le traitement antiviral sous forme orale de Pfizer pour lequel a été soumis, le 10 janvier, un dossier d’application auprès de l’Agence européenne des médicaments (EMA). Celle-ci doit se prononcer dans les prochaines semaines sur ce traitement permettant de stopper la réplication du SARS-CoV-2 dans l’organisme et d’éviter une évolution vers une forme sévère de Covid-19. Novasep fabriquera l'API (l'ingrédient pharmaceutique actif) du médicament Pfizer à partir du troisième trimestre 2022. 

Les investissements de Pfizer en France concerneront également des projets « dans la recherche de pointe, notamment au soutien des biotechs françaises », selon les informations diffusées par l’Elysée. Quatre domaines sont ciblés : l'oncologie, les maladies rares, l'ARNm et les maladies auto-immunes.

110 millions pour BMS, 50 millions pour Biogen

De son côté, l’américain Bristol Myers Squibb (BMS) envisage une enveloppe de 110 millions d’euros dans la recherche clinique en oncologie. En France, le laboratoire américain dispose seulement d’une implantation à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) dévolue aux forces commerciales, aux affaires réglementaires et aux activités de R&D. En parallèle de ce projet, BMS prévoit également d’engager 20 millions d’euros pour un partenariat industriel avec un sous-traitant pour produire, sur le territoire français, des principes actifs.

Le laboratoire biotechnologique Biogen, spécialiste des neurosciences, prévoit un investissement d’environ 50 millions d’euros dans le cadre d’un partenariat stratégique de R&D avec TheraPanacea, une start-up issue de l’université de Paris-Saclay, hébergée à la pépinière de Paris Santé Cochin et spécialiste de l’intelligence artificielle en santé. Sept programmes de recherche dans le domaine des neurosciences sont envisagés, en particulier pour le développement d’algorithmes d’intelligence artificielle (IA) et de machine-learning pour l’analyse d’images cérébrales. Ce projet a été annoncé mi-décembre. Techniquement, Biogen envisage d’investir 15 millions de dollars (un peu plus de 13 millions d’euros) en reprise de dette convertible de TheraPanacea, et prévoit de verser jusqu’à 41 millions de dollars (environ 36 millions d’euros) en paiements d’étapes selon l’avancée des différents programmes, tout en s’octroyant des droits exclusifs technologiques.

118 millions d'euros pour GSK en numérisation et décarbonation

Une enveloppe de 118 millions d’euros est annoncée du côté de GlaxoSmithKline (GSK). Le laboratoire britannique la répartirait sur trois de ses sites en France. Sur son gigantesque complexe de vaccins à Saint-Amand-Les-Eaux (Nord), qui produit notamment l’adjuvant pandémique que GSK associe à certains vaccins anti-Covid, comme celui de Sanofi qui pourrait arriver sur le marché dans quelques mois, 45 millions d’euros seront dévolus à la transformation numérique. Un autre investissement de 45 millions d’euros est prévu pour réduire l’empreinte carbone du site de formes pharmaceutiques inhalées du groupe à Evreux (Eure). Le solde n’est pas encore publiquement défini. GSK détient un troisième site de production en France à Mayenne (Mayenne), focalisé sur la production d’antibiotiques sous formes sèches.

600 recrutements pour Merck dans le Bas-Rhin et la Gironde

Le laboratoire allemand Merck prévoit pour sa part un grand volet d’embauches. 500 recrutements sont envisagés sur son vaste site de production de Molsheim (Bas-Rhin), qui dénombre déjà 1700 salariés (ce qui en fait le 3e site du groupe dans le monde). Sur place sont produits plus de 10 000 références pharmaceutiques, mais également des produits dans les domaines de l’analyse en environnements cliniques et industriels, ainsi que dans les systèmes de purification d’eau. Cent postes sont aussi prévus sur le site de Merck à Martillac (Gironde), spécialisé dans les médicaments biotechnologiques et leur production.

Lors de l’édition 2021 de Choose France, tenue de manière décalée en juin, le laboratoire allemand avait déjà dévoilé une enveloppe de 175 millions d’euros dont 100 millions d’investissements récurrents pour ses sites français de R&D et de production. Le reste de l’enveloppe se scindait entre 25 millions pour une unité de poches stériles à Molsheim, avec 350 emplois en vue, et 50 millions d’euros pour l’usine de Martillac pour les capacités de bioproduction, avec l’ambition de 150 créations de postes. Les annonces dans le cadre de Choose France 2022 pourraient être soit le prolongement de ces investissements, soit des recrutements additionnels.

Enfin, le projet du groupe italien Dedalus relève d’un caractère moins productif. Spécialiste de la e-santé, Dedalus annonce le recrutement de 200 salariés qualifiés en France. Deux régions sont concernées, l’Ile-de-France et la Nouvelle-Aquitaine, pour des missions en ingénierie informatique.

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