La décision du tribunal de commerce de Paris d’attribuer la reprise de la division E&E EPC de la Cnim (Constructions navales et industrielles de la Méditerranée) à Paprec n’a pas ravi les salariés de la Seyne-sur-Mer (Var), mais renforce le groupe de Jean-Luc Petithuguenin, déjà l’un des leaders du recyclage, dans la valorisation énergétique. En un an, cette activité a connu une croissance exponentielle avec les rachats de Tiru et de la division O&M de la Cnim. « Je complète mon métier principal de recyclage par une activité de valorisation énergétique, indique à L’Usine Nouvelle Jean-Luc Petithuguenin, président fondateur de Paprec group. Cette activité représente aujourd’hui un chiffre d'affaires de 350 millions d’euros sur les 2,5 milliards d’euros que réalise le groupe. Surtout, Tiru et Cnim, c’est ce qui se fait de mieux en France.»
Développer l’ingénierie
Le groupe industriel varois Cnim accumule les déboires, malgré plusieurs investissements de l’Etat pour le sauver. Il a été placé en procédure de sauvegarde en janvier et sa filiale Cnim E&E EPC, spécialisée dans les unités de conversion thermique, de combustion des déchets et de la biomasse, en redressement judiciaire.
« Les équipes de Cnim E&E EPC sont à l’origine de premières technologiques importantes dans le domaine des unités de conversion thermique, de la combustion de déchets et de biomasse, et de l’énergie», explique dans un communiqué Sébastien Petithuguenin, directeur général de Paprec, en charge du pôle Technologie pour le groupe. « En nous appuyant sur les savoir-faire uniques développés par Tiru et par Cnim E&E EPC, la technologie et la capacité d’innover des équipes, nous allons proposer à nos clients des offres extrêmement complètes d’usines de valorisation des déchets en énergie. »
Paprec, qui a l’habitude de reprendre le personnel des entreprises qu’il rachète, s’est engagé à intégrer 227 salariés sur 300 venus de Cnim. Ce sera plus probablement 250, selon Jean-Luc Petithuguenin. Il va développer un cinquième pôle à la Seyne-sur-Mer et une nouvelle entité Paprec engineering Cnim pour développer ce savoir-faire en ingénierie sur les fours incinérateurs. « A terme, nous aurons 500 personnes, car nous comptons développer beaucoup de projets », précise le président de Paprec.
Candidat à la reprise d’activités de Veolia
Cette acquisition en appelle peut-être d’autres. Paprec s’est positionné sur les activités que Veolia doit céder dans le cadre de l’OPA sur Suez. Si le nouveau Suez a la priorité, Jean-Luc Petithuguenin ne désespère pas de voir tomber une bonne nouvelle fin juin. En revanche, il n’envisage pas de recours dans le dossier du site de Chapelle Darblay. Alors que Paprec associé à l’investisseur Samfi avait été choisi pour racheter l’usine d’UPM, la vente a été annulée en février lorsque la métropole de Rouen a préempté le site pour l’attribuer au tandem concurrent Veolia-Fibre Excellence, qui prévoit d'y produire du papier pour carton ondulé. « Ils ont préféré un projet du XXe siècle plutôt qu’un projet du XXIe siècle, commente avec un peu d’amertume Jean-Luc Petithuguenin. On ne va pas engager de recours, on va laisser les gens persister dans leur erreur et la métropole de Rouen reviendra peut-être nous voir dans quelques mois. Il n’y pas la place pour cette papeterie. » Le projet débouté comprenait une plateforme de réception et de valorisation énergétique de déchets (Paprec) associée à une unité de production d’hydrogène par électrolyse (Samfi).



