Numéro trois français du traitement des déchets et de la valorisation énergétique, le groupe Paprec disait vouloir devenir rapidement le leader du marché début mars. Une ambition qui se traduit par des partenariats concrets, comme celui officialisé par l'entreprise lundi 21 mars. Le spécialiste du recyclage a été chargé de concevoir, de construire et d'exploiter une usine de méthanisation des déchets alimentaires produits en Ile-de-France. Annoncé il y a un an, ce contrat d'une durée de 19 ans lui a été attribué par le Syctom, le syndicat chargé de la gestion des déchets ménagers franciliens et le Sigeif, premier syndicat d'énergie de France.
Située à sur le port de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), cette unité devrait traiter 50 000 tonnes de déchets chaque année. Elle permettra notamment de produire du biogaz, qui sera injecté dans le réseau francilien et aidera à réduire la dépendance aux importations de gaz, mais également 43 000 tonnes annuelles d'engrais agricoles. Les travaux débuteront en janvier 2024 pour une mise en service prévue mi-janvier 2025. L'investissement total est estimé à 52 millions d'euros, la moitié venant de Paprec. L'usine devrait à terme générer 36 000 mégawattheures chaque année. De quoi alimenter près de 5 400 foyers.
Progression du biométhane
Le groupe rappelle dans un communiqué que le tri à la source des déchets alimentaires sera obligatoire à partir du 31 décembre 2023, ce qui facilitera leur valorisation. L'usine « transformera des déchets jusqu'alors enfouis ou incinérés en gaz vert et fertilisants organiques, explique le président-fondateur de l'entreprise, Jean-Luc Petithuguenin. Elle permettra ainsi de préserver les ressources naturelles et d'avancer dans l'indépendance énergétique du territoire ». Le directeur général, Stéphane Leterrier, précise que Paprec fournira « le complément de biodéchets nécessaires à la saturation de l'outil de production », obtenue selon lui dès 2027, le temps que la collecte de ces déchets se structure.
Environ 150 sites de méthanisation ont été inaugurés en France en 2021, une progression inédite pour un secteur ayant vu le jour en 2011 sur le territoire national. Néanmoins, ce gaz renouvelable, souvent produit par les agriculteurs, ne représente encore que 1% du gaz consommé par les Français. Paprec, qui compte bien aider la filière biométhane à passer à la vitesse supérieure, a par ailleurs annoncé début mars un renforcement de son capital et espère doubler d'ici à dix ans son chiffre d'affaires, qui doit atteindre 2,5 milliards d'euros en 2022.



