Améliorer la technicité des plastiques issus du recyclage : c'est l'objectif visé par Paprec à travers l’acquisition d’Actiplast, spécialiste français de la formulation et de la production de compounds vinyliques, annoncée ce 2 septembre. Le montant de l’opération n’est pas précisé. Le spécialiste du traitement des déchets, qui réalise sa première opération de croissance externe dans le domaine de la formulation, fait un pari sur l’avenir.
Sébastien Petithuguenin, directeur général du groupe, explique pourquoi il a décidé de racheter l'entreprise familiale basée à Belligné (Loire-Atlantique). «On veut monter en gamme et proposer des produits pour des applications très exigeantes.En additionnant nos expertises, nous pourrons proposer aux plasturgistes des formulations de PVC recyclé répondant à leurs besoins spécifiques et leur permettant d'accélérer leur transition écologique.» Et le dirigeant de rappeler : «Remplacer une tonne de matière pétrosourcée par une tonne de recyclé génère une économie de CO2 de plus 2,5 tonnes».
30 000 formules... pour commencer
Les deux entreprises disposent d'expertises complémentaires dans le PVC. Paprec s’emploie à le recycler depuis 2000. Cette résine est la première de son activité plastique. Elle provient, en grande partie, de la fin de vie et des chutes de production des fenêtres, des tubes et des revêtements de sol. Actiplast, elle, formule la matière pétrosourcée depuis 35 ans. L’entreprise, dont le chiffre d’affaires 2020 s’est élevé à 15 millions d’euros, revendique le maîtrise de 30 000 formules. Celles-ci confèrent, par exemple, souplesse, résistance aux chocs, aux UV, des teintes... à des produits de menuiserie, de câblage, des chaussures. «Nous voulons nous appuyer sur ce savoir-faire pour homologuer des formulations base recyclée», indique Sébastien Petithuguenin à propos des premiers projets entre les deux entités du pôle PVC.

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Mars 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
- -5+100.0
Mars 2026
Vieux papiers, sortes ordinaires - Moyenne France-Export - 1.05 Ondulés récupérés (ex A5)Variation en €/tonne
- -11+10.0
Mars 2026
Plastiques issus des DEEE - PAMVariation en €/tonne
Actiplast ne sera pas entièrement dédié au plastique recyclé mais cela représentera désormais l’essentiel de son activité. Le marché de la construction est, pour l’instant, l’un des principaux débouchés de cette matière "haut de gamme" qui sera vendue aux plasturgistes.
25 000 tonnes de PVC recyclé
Le projet fait sens géographiquement. Avec son site de Belligné, Actiplast bénéficie de sa proximité avec l'usine Paprec Plastiques 49, située à Trémentines (en Maine-et-Loire), à 40 kilomètres de là. Il s'agit, selon Paprec, du premier recycleur PVC de l'hexagone avec 25 000 tonnes de matière recyclée par an. «J'ai fait le choix de transmettre la société à Paprec car c'est un groupe industriel français avec une vision long terme. L'arrivée du leader français du recyclage permettra de poursuivre l'investissement et de pérenniser l'activité, en continuant de nous positionner comme acteur majeur dans la protection de la planète», témoigne Agnès Lenoir, directrice de la PME de 30 salariés. Des investissements sont prévus, confirme le directeur général de Paprec qui veut, pour le moment, faire le point avec les équipes.
60 millions d’euros d’investissement dans les deux ans
«Une fois que nous aurons fait nos preuves avec Actpiplast, et que les clients seront convaincus par la qualité de nos produits, nous n’hésiterons pas à étendre cette proposition à d’autres résines», se projette Sébastien Petithuguenin. Le recycleur envisage de dupliquer le modèle en faisant de nouvelles acquisitions de compounders afin d'étendre son offre. Après le PVC, le polypropylène, le polyéthylène haute densité et, à plus long terme, les polyamides (un plastique technique) pourraient suivre. Paprec prévoit 60 millions d’euros d’investissement dans le recyclage des matières plastiques dans les deux prochaines années. Fin juillet, le spécialiste français du recyclage avait reçu le feu vert des autorités pour racheter Dalkia Wastenergy (ex-Tiru) à Dalkia, une filiale d'EDF.



