D’ici l’été, la nouvelle division "valorisation énergétique" de Paprec devrait atteindre un chiffre d'affaires de 300 millions d’euros avec 1500 salariés et surtout 29 usines, essentiellement en France, mais aussi au Royaume-Uni, en Pologne et en Azerbaïdjan. "Nous sommes leader du recyclage en France depuis longtemps, mais nous étions peu présents dans la valorisation énergétique, explique Stéphane Leterrier, directeur général adjoint de Paprec.
"L’opération devrait être bouclée avant fin mai pour la filiale Opération et maintenance de la Cnim et à la fin du mois de juillet pour Dalkia Wastenergy. Nous ne maîtrisons pas tout le calendrier. Il faut encore l’avis des instances représentatives du personnel et de l’autorité de la concurrence", ajoute Stéphane Leterrier, qui va diriger le pôle "valorisation énergétique" de Paprec.
21 usines en France
Le groupe n'a pas d’inquiétude de ce côté-là, ces deux acquisitions devraient être validées. Actuellement, Paprec exploite trois usines de valorisation énergétique en France avec sa filiale Innova Opérations. Elle en possèdera bientôt 21 dans l’Hexagone et deviendra le troisième acteur, comme sur le segment global des services à l'environnement et du recyclage, derrière Veolia et Suez.
La division O&M de la Cnim, qui réalise un chiffre d’affaires de 70 millions d’euros, devrait apporter notamment huit unités de valorisation énergétique, dont quatre en France, trois au Royaume-Uni et une en Azerbaïdjan. Il existe également deux projets aux Emirats arabes unis et à La Réunion. La moitié des 400 salariés travaille en France. Paprec vient également d’entrer en négociations exclusives avec Dalkia, filiale d’EDF, pour l’acquisition de Dalkia Wastenergy (ex-Tiru), dont le chiffre d’affaires atteint 190 millions d’euros. Cette entité de 800 salariés exploite 27 unités de traitement dont 16 dédiées à la valorisation énergétique, en France, au Royaume-Uni et en Pologne.
Être plus indépendant
"Ce développement dans la valorisation énergétique est stratégique, prévient Stéphane Leterrier. Nous devions nous renforcer, car les réglementations européennes imposent de réduire de plus en plus l’enfouissement. Et nous étions trop dépendants des deux gros acteurs dans ce secteur. Nous voulions être un peu indépendants." Le groupe recycle entre 80 et 90 % des déchets qui rentrent dans ses usines.
La stratégie de montée en puissance sur toute la chaîne de valorisation des déchets passe par de la croissance interne, mais aussi d’autres acquisitions. La direction est toujours attentive à l’évolution du feuilleton Veolia-Suez. Paprec, qui a enregistré de très bons résultats en 2020 avec un Ebitda de 280 millions d’euros (en croissance de 17 %), vise toujours un chiffre d’affaires pour la fin de l’année de 2 milliards d’euros, en hausse de 15 % avec 14 000 salariés. Avec ces deux acquisitions dans la valorisation énergétique, il aura déjà fait plus de la moitié du chemin. Ces deux acquisitions permettent aussi au groupe de se développer à l’international. Mais "l’internationalisation n’est pas une obsession", convient Stéphane Leterrier. C'est le moins que l'on puisse dire, concernant Paprec.



