Le groupe Paprec a dévoilé, le 9 mars, une évolution de son capital avec en ligne de mire deux ambitions: devenir le numéro un français du traitement des déchets et doubler d’ici à dix ans son chiffre d’affaires, établi à 2,2 milliards d’euros en 2021. Pour cela il s’appuiera sur son activité historique du recyclage, mais aussi sur sa croissance dans la valorisation énergétique.
« Nous continuons d’être ambitieux et de croire en nos métiers », a affirmé Jean-Luc Petithuguenin, président-fondateur du groupe Paprec, lors de la conférence de presse au siège parisien de sa société au cours de laquelle il a annoncé l’entrée au capital de Paprec de Vauban Infrastructures Partners et du Crédit Agricole. « C’est la première fois qu’un fond d’infrastructures investit chez nous », a commenté Jean-Luc Petithuguenin. C’est le cinquième tour de table opéré par l’entreprise depuis sa création à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) en 1994. Une augmentation de capital de 326 millions d’euros avait été réalisée sur les exercices 2021 et 2022 portant les capitaux propres du groupe à plus de 800 millions d’euros.
Pacte d’actionnaires
Le pacte d’actionnaires scellé s’inscrit dans la durée. Il conforte le contrôle de la famille Petithuguenin sur le groupe, alors que s’organise la transmission à la nouvelle génération. « J’ai 65 ans et j’ai prévu de passer la main à mes fils à 70 ans », a confié Jean-Luc Petithuguenin, qui en 25 ans a fait d’une PME de 25 salariés un groupe de 12 500 collaborateurs présents sur 280 sites répartis dans cinq pays (France, Suisse, Royaume-Uni, Pologne et Azerbaïdjan). Paprec, vise un chiffre d’affaires de 2,5 milliards en 2022 et ambitionne d’atteindre 5 milliards d’euros dans les dix prochaines années. A cet horizon d’une décennie, il devrait compter jusqu’à 30 000 collaborateurs.

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Evoquant, pour la déplorer, la guerre en Ukraine, Jean-Luc Petithuguenin a toutefois estimé qu’elle « conforte la pertinence de fabriquer de la matière, de l’énergie et du gaz vert à partir de déchets ».
Investissements dans le recyclage
Pour gagner son pari, le leader français du recyclage mise plus que jamais sur cette activité. « En France, la première mine de matières premières est issue du recyclage », a lancé Jean-Luc Petithuguenin. Ce dernier a, par ailleurs, la conviction du renchérissement durable des matières premières en raison de la hausse des coûts de l’énergie. Paprec continue donc d’investir. Ainsi, son président a-t-il révélé lors de la conférence de presse que son groupe a lancé un programme d’investissement de 50 millions d’euros pour doubler les capacités de production de ses 12 sites hexagonaux de régénération mécanique du plastique. « Nous pensons également que le recyclage chimique va se développer », a complété Jean-Luc Petithuguenin. Certes, ce procédé est près de trois fois plus coûteux que le processus mécanique mais, compte-tenu de l’évolution du prix des plastiques transformés, le groupe estime que le sujet doit être étudié.
30 % des revenus issus de la valorisation énergétique
Selon le patron de Paprec, et à l’horizon d’une dizaine d’années, 70% des revenus du groupe proviendront du recyclage et 30% de la valorisation énergétique, à laquelle Jean-Luc Petithuguenin n'accordait auparavant que peu de crédit. Cette dernière activité est désormais en pleine croissance, avec l’acquisition en juillet 2021 de la division O&M de la CNIM et de TIRU, puis la création d’une division spécialisée - Paprec Energies - dont le chiffre d’affaires n’était toutefois que de 300 millions en 2021. Paprec a également déposé une offre pour la reprise de la société CNIM Environnement et Energie EPC, qui emploie quelque 200 spécialistes de la valorisation énergétique.
Paprec projette, aussi, de développer l’utilisation des Combustibles solides de récupération (CSR). Le groupe, qui produit actuellement 100 000 tonnes de CSR par an dans une poignée d’usines, prévoit de disposer d’ici à dix ans de 30 sites de production de ces combustibles issus de la valorisation.
Enfin, dans le même domaine, Paprec s’est porté candidat pour la conception, la réalisation et l’exploitation du futur site de méthanisation sur le port de Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Cette usine devrait entrer en service en 2025 et traiter annuellement 50 000 tonnes de biodéchets.



