Où se trouvent les huit centrales nucléaires dont EDF propose de fermer des réacteurs ?

Outre les deux réacteurs de Fessenheim dont Edouard Philippe a confirmé la fermeture dès le premier semestre 2020, le gouvernement cite dans la feuille de route de l’énergie (PPE) sept autres centrales dont EDF devrait arrêter les réacteurs, afin d'atteindre l'objectif de réduction à 50% de la part du nucléaire dans la production d'électricité en France.

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centrale nucléaire Tricastin
La centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) va-t-elle voir ses réacteurs fermer d'ici 2035?

Eclipsé par les énergies renouvelables, le nucléaire est néanmoins bien présent dans la nouvelle feuille de route énergétique de la France ou Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour les périodes 2019-2023 et 2024-2028, enfin dévoilée le 20 janvier – avec un an de retard - et soumise à consultation publique jusqu’au 19 février.

Réduire le nucléaire à 50 % de la production d’électricité en 2035

"Le gouvernement a fait le choix d’afficher une programmation claire de l’évolution des capacités nucléaires, y compris au-delà de l’horizon de la PPE (2028), pour ne pas renvoyer à nos successeurs les modalités de mise en œuvre de cette diversification", précise les auteurs du texte, rédigé par la direction générale énergie climat (DGEC) pour le compte du ministère de la Transition écologique et solidaire. Une loi de 2015, modifiée par la Loi Energie climat de décembre 2019, impose que le nucléaire ne représente plus que 50 % de la production d’électricité en 2035, contre plus de 70% aujourd’hui. Comment ? En fermant 12 à 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035. Pour rappel, le parc nucléaire français compte actuellement 19 centrales et 58 réacteurs en activité.

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Outre ceux de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), dont le Premier ministre Edouard Philippe a récemment confirmé le calendrier de fermeture cette année, "EDF a proposé au gouvernement d’étudier la mise à l’arrêt de paires de réacteurs sur les sites de Blayais (Gironde), Bugey (Ain), Chinon (Indre-et-Loire), Cruas (Ardèche), Dampierre (Loiret), Gravelines (Nord) et Tricastin (Drôme)".

Pas de fermeture des centrales 

Ceci ne veut pas dire que les centrales seront fermées. "Sont privilégiés des arrêts de réacteurs ne conduisant à l’arrêt d’aucun site", précise le texte de synthèse de la PPE. "Le principe général sera l’arrêt des 12 réacteurs (hors Fessenheim) au plus tard à l’échéance de leur 5e visite décennale". Cette échéance, qui correspond aux souhaits d'EDF, permet "d’avoir un scénario cohérent au plan industriel, avantageux au plan économique tant que des débouchés existent et qu’il n’y a pas de surcapacité conduisant à des baisses de prix de marché importantes, et qui permet de faire bénéficier le mix électrique français et européen d’une production d’électricité en base décarbonée", précise la PPE.

Pas d'indemnisation pour EDF et deux fermetures anticipées

Quelles seront les contreparties de ces arrêts pour EDF ? "Dans la mesure où EDF amortit comptablement les réacteurs de 900 MW sur une durée de 50 ans, le gouvernement considère que ces arrêts ne donneront pas lieu à indemnisation". Mais le calendrier des arrêts de réacteurs pourrait s’accélérer, "pour en faciliter la mise en œuvre sur le plan social, technique et politique". 

Ainsi, "deux réacteurs seront fermés par anticipation des 5e visites décennales en 2027 et 2028", tandis que deux autres "pourraient également être arrêtés dans le prochain quinquennat, en 2025-2026", si les conditions le permettent et notamment "des prix bas de l’électricité sur les marchés européens, susceptibles de dégrader la rentabilité de la prolongation des réacteurs existants". "L’analyse de ces conditions fera l’objet d’un rapport remis par la Commission de régulation de l’énergie au Gouvernement avant le 1er décembre 2022 et s’appuyant sur l’expertise de RTE", précise le texte de la PPE.

Priorité à l’arrêt des centrales à charbon

Pour préparer les esprits, "les fermetures anticipées seront confirmées trois ans avant leur mise en œuvre sur la base des données disponibles à ce moment", et ne seront engagées qu’après l’arrêt des centrales à charbon, précise le gouvernement, "la décarbonation de la production électrique devant être engagée en priorité". Le Havre (Seine-Maritime) mise ainsi sur l’éolien en mer pour tourner la page du charbon avec la fermeture de sa centrale thermique en 2021, tandis que le 17 janvier, un pacte pour la transition écologique et industrielle du site de Cordemais (Loire-Atlantique) a été présenté par l'État et les acteurs locaux.

Pour les réacteurs nucléaires aussi, ces fermetures devront être accompagnées par l’État, "notamment via l’établissement de contrats de transition écologique afin de permettre aux territoires de s’inscrire dans de nouvelles dynamiques de développement". Ce travail est actuellement en cours de réalisation à Fessenheim.

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