Que va devenir Cordemais (Loire-Atlantique) sans centrale à charbon ? Vendredi 17 janvier, Emmanuelle Wargon s’est rendue sur place pour signer un “pacte pour la transition écologique et industrielle” du site d’EDF et de l’estuaire de la Loire. Jusqu’à 275 millions d’euros pourraient être investis dans le projet. Le gouvernement français poursuit ainsi la reconversion des territoires qui accueillent des centrales thermiques.
Quelques jours plus tôt, la secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire s’était déjà rendue au Havre (Seine-Maritime). Elle y a présenté un pacte similaire pour transformer le port du Havre en territoire d’excellence pour l’éolien en mer.
Des réserves sur le projet Ecocombust
Officiellement, la centrale thermique de Cordemais doit fermer ses portes en 2022, comme ses homologues. La direction d’EDF et même Emmanuelle Wargon ont pourtant récemment indiqué que ce délai pourrait être retardé à 2024, voire 2026. La centrale thermique fonctionnerait alors au ralenti pour sécuriser l’approvisionnement en électricité de l’Ouest de la France, en attendant notamment la mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche).

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
- 1.2539+3.07
3 Avril 2026
Gazole France HTT€/litre
La question de l’avenir de cette centrale se pose dans tous les cas. De son côté, EDF expérimente toujours le projet Ecocombust pour la convertir à la biomasse, avec la création d’une filière de production de pellets de déchets de bois de classe B et C. En décembre 2019, le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy jugeait que ce projet pouvait “parfaitement s’inscrire” dans “la vision de RTE où nous aurions besoin au-delà de 2022 d’une meilleure sécurité d’approvisionnement en électricité de la Bretagne.”
Ecocombust figure toutefois à la marge dans le pacte élaboré par l’État, les collectivités locales, les acteurs économiques locaux, les associations et les syndicats. “Ce projet ambitieux suscite des interrogations, en particulier sur le plan environnemental, économique et technique, peut-on lire dans le document de 40 pages. “À la date de signature du pacte, l’instruction de ce projet est encore en cours.” En parallèle, EDF va prendre en charge une étude sur d’autres usages économiques possibles du site de la centrale.
Un investissement global potentiel de 275 millions d’euros
Le pacte pour la transition écologique et industrielle de Cordemais esquisse de nombreux chantiers : infrastructures logistiques au grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire, centrales solaires, valorisation du foin de marais, filière bois-énergie… Au total, 31 projets sont listés pour un investissement global potentiel de 275 millions d’euros, dont 53 millions portés par des investisseurs privés.
Les acteurs locaux parient notamment sur la croissance des activités agroalimentaires sur le port : création d’une chaîne logistique froide, développement d’une unité de réception des matières premières pour l’alimentation du bétail et développement d’une capacité de stockage de céréales pour l’exportation. “Les entreprises agroalimentaires bretonnes et ligériennes se développent de plus en plus vers l’export et ont besoin de solutions plus performantes qui seront intégrées dans les activités du port”, argumente le gouvernement.
Développement de l’éolien offshore et de l’hydrogène
Les projets dans le secteur de l’énergie font toutefois partie des plus importants. Comme avec le port du Havre, le gouvernement veut développer la transition écologique autour du grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire. Ici aussi, le ministère de la Transition écologique et solidaire veut parier sur l’éolien en mer : un projet de parc offshore est déjà prévu au large de Saint-Nazaire avec une puissance totale de 480 MW et une mise en service prévue en 2022. Un autre parc de 496 MW devrait démarrer en 2023 entre les îles d’Yeu et de Noirmoutier au large de la Vendée.
Le pacte mentionne aussi le développement d’une filière hydrogène dans les Pays de la Loire avec le projet H2 Loire vallée. Environ 30 millions d’euros seraient investis dans ce chantier jusqu’en 2025, notamment pour la formation.
Autre chantier important envisagé : un réseau de chaleur industrialo-urbain à 58 millions d’euros porté par la communauté d'agglomération, le site Cargill de Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique) et la Société de production électrique de Montoir-de-Bretagne.



