Fin d’une époque. À l’horizon 2022, la France ne produira (presque) plus d’électricité à partir de charbon. Après avoir fermé son unité au fuel dans les années 1980 puis deux unités au charbon en 2013, la centrale thermique du Havre (Seine-Maritime) exploitée par EDF fermera le 1er avril 2021 sa dernière tranche au charbon.
Celle-ci tourne aujourd’hui au ralenti (500 heures par an) avec 160 salariés qui seront reclassés par EDF. Leurs représentants syndicaux CGT et UNSA ont boudé lundi 13 janvier le rendez-vous qui était prévu avec Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique, en déplacement au Havre, pour signer le "pacte territorial de transition écologique et industrielle du Havre".
Ce "pacte" conçu pour accompagner la mutation industrielle liée à la fin du charbon a été mis en place par le gouvernement, le port du Havre et les collectivités. Il contient 58 actions représentant 420 millions d’euros d’investissement qui ne sont pas encore complètement fléchés.
L'éolien en mer se taille la part du lion

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Dans ce pacte, l’éolien en mer se taille la part du lion avec 123 millions d’euros, dont 48 millions d’euros apportés par l’État et 45 millions par le port du Havre, les autres financeurs étant la Région Normandie et les autres collectivités. Ce budget est dédié aux infrastructures portuaires (renforcement des quais, terre-pleins et fonds marins) nécessaires à l’implantation de l’usine d’éoliennes en mer de Siemens Gamesa.
Le leader mondial de l’éolien en mer, qui n’a pas attendu la fermeture de la centrale à charbon pour décider de s’implanter au Havre, espère commencer mi-2020 la construction de son usine de pales et de nacelles sur un terrain de 35 hectares pour une mise en service fin 2021. Les pelleteuses sont d’ailleurs à l’œuvre sur ce terrain de 35 hectares sur le quai Joannès-Couvert.
Comme l’a indiqué Emmanuelle Wargon, le "pacte" joue cependant un rôle "d’accélérateur" dans ce dossier, en raison de la "rallonge de 20 millions d’euros" (à l’intérieur des 48 millions) apportée par l’État pour boucler le plan de financement relatif aux aménagements portuaires qui était resté en suspens. En marge des aménagements portuaires, le volet "éolien en mer" comprend aussi une activité de fondations gravitaires destinées aux fondations du futur parc éolien de Fécamp (Seine-Maritime). Cette activité sera implantée non loin de là, sur un autre site portuaire, le quai de Bougainville.
"Le Havre est la capitale de la transition énergétique"
"Nous assumons totalement la fermeture de la centrale thermique et le passage de l’énergie du XIXe siècle aux énergies renouvelables", s’est réjoui le maire du Havre, Jean-Baptise Gastinne, en signant le pacte. "Le Havre est la capitale de la transition énergétique", a-t-il ajouté, évoquant la symbolique de "l’unité de lieu et de temps" pour le passage du charbon à l’éolien. "C’est au pied de la centrale que l’usine d’éoliennes va être construite. Et c’est fin 2021 que l’usine de Siemens doit être livrée, date de fermeture de la centrale", anticipe le maire.



