Quatre mois après l’intervention du Président de la République, le lundi 29 juin 2020 dans les jardins de l’Elysée, lorsqu’il a reçu les 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat, force est de reconnaître que les trois jokers ne sont plus trois. "C’est la réponse à laquelle je m’étais engagé, j’irai au bout de mon engagement, avait précisé en préambule de son discours Emmanuel Macron. Je veux que toutes vos propositions soient mises en place le plus rapidement." Or l’agenda est perturbé par la crise sanitaire et les avis des membres du gouvernement parfois contradictoires.
Trois mesures avaient été exclues d’emblée, dont la limitation de vitesse sur autoroute à 110 km/h et l’interdiction des vols partout où il était possible de parcourir ce trajet en moins de 4 heures en prenant le train. "Si on reprend le discours du Président de la République, on pouvait déjà voir plus de trois jokers", souligne Matthias Martin-Chave, membre de la Convention citoyenne pour le climat qui a participé au groupe "Se déplacer".
Pas de moratoire sur la 5G
Certains membres de la Convention ont récemment dénoncé les renoncements du gouvernement, citant pêle-mêle l’abandon du moratoire sur la 5G, de l’interdiction de la construction de nouveaux aéroports et de leurs extensions, de la baisse de la TVA sur les billets de train, de l’augmentation de l’éco-contribution sur le transport aérien… Sans parler des mesures vidées de leur sens comme l’artificialisation des sols, la rénovation globale des bâtiments et le traitement des déchets.

- 58.7+6.53
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
- 2.2337+2.05
3 Avril 2026
Gazole France TTC€/litre
- 1.2539+3.07
3 Avril 2026
Gazole France HTT€/litre
"Certains membres du gouvernement souhaitent faire avancer certaines mesures, des lignes ont bougé, tempère Matthias Martin-Chave. Il y a une semaine je pensais que le malus sur le poids des voitures allait disparaître et il est présent, même si on peut regretter certaines restrictions qui semblent favoriser les véhicules français. Mais c’est mieux que rien."
D’autres mesures qui ne font pas réellement polémique seront inscrites dans le projet de loi Climat qui sera présenté devant les parlementaires au premier semestre. "Mais tout ce qui n’est pas discuté n’est pas forcément abandonné."
"Nous avions demandé davantage de sobriété mais toutes les mesures qui ne permettront pas la croissance vertes seront exclues", regrette ce jeune membre de la Convention citoyenne pour le climat.
Plan vélo et forfait mobilité
Pour le transport aérien, et le refus de taxer davantage ce mode de transport, "il est difficile de donner de la crédibilité au ministre des Transports. Ce n’est pas quelqu’un d’objectif sur le sujet [C’est un ancien pilote de ligne, Ndlr]. D’ailleurs, il est contredit par d’autres ministres. Pour les extensions d’aéroports, il s’est prononcé pour, mais il n’y en aura pas dans les prochaines années en raison du contexte économique. Le secteur est trop mal en point."
Il indique que normalement la proposition d’une vignette sur les poids-lourds, en épargnant les entreprises françaises avec une baisse de la taxe à l’essieu serait en bonne voie, alors que les aides pour relancer le fret ferroviaire paraissent insuffisantes. La baisse de la TVA sur les billets de train pour faciliter l’accès à tous à ce mode de transport durable ne devrait pas être retenue.
"Une grosse déception concerne aussi la rénovation des bâtiments. L’ambition a été revue à la baisse. La réforme de l’indemnité kilométrique pour ne plus favoriser les grosses cylindrées ne répond pas à nos attentes, regrette Matthias Martin-Chave. Par contre, il y a quelques satisfactions, comme l’augmentation du plan vélo à 200 millions d’euros par an pour les deux prochaines années, la hausse du forfait mobilités de 400 à 500 euros. Et la feuille de route sur l’écologie numérique qui doit nous être présentée début novembre devrait contenir certaines de nos propositions pour réduire notamment l’empreinte carbone des datacenters."



