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Où en est l’installation des 17 parcs éoliens en mer français ? Découvrez notre carte interactive

Alors que les lauréats des futurs premiers grands parcs éoliens en mer Méditerranée ont été annoncés fin décembre, L’Usine Nouvelle dresse un bilan d’étape, en carte, du parc éolien en mer français.

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Parc éolien en mer Fécamp
Le parc éolien en mer de Fécamp (Seine-Maritime) est l'un des trois en activité en France.

Et les derniers lauréats sont… La coentreprise Eoliennes Méditerranée Grand Large (emmenée par EDF Renouvelables et le canadien Maple Power) et Ocean Winds (détenue par Engie et le portugais EDP Renewables). Ces deux sociétés ont été proposées par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), fin décembre, pour gérer la maîtrise d’ouvrage des parcs éoliens en mer respectivement de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) et d’Agde (Hérault). Ceux-ci pourraient devenir les deux premiers grands parcs éoliens en mer français en Méditerranée, avec une mise en service prévue en 2031.

La carte interactive de L'Usine Nouvelle montre que la France produit de l’électricité depuis trois parcs éoliens installés au large de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), Fécamp (Seine-Maritime) et Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), premier parc mis en service complète en France, en novembre 2022. Au total, les éoliennes en mer tournent à une puissance cumulée de près de 1,5 gigawatt (GW) – en bleu sur la carte –, auxquels plus de 1,4 GW doivent s’ajouter d’ici à 2026 avec les parcs actuellement en cours d’installation – en orange – de Courseulles-sur-Mer (Calvados), Dieppe-Le-Tréport (Seine-Maritime) et des îles d'Yeu et de Noirmoutier (Vendée). Cliquez sur un point de la carte pour avoir le détail.

10,9GW d’appel d’offres pour un objectif de 18 GW en 2035

Avec le lancement d’un neuvième appel d’offres par la CRE début juillet 2024, l’éolien en mer doit atteindre une puissance de 10,9 GW au maximum. Au total, cette puissance doit être assurée par 17 parcs d’ici à 2035. Un nombre qui devrait encore gonfler, avec le lancement d’un dixième appel d’offres par la CRE début 2025. L’«AO10» prévoit deux projets d'environ 2 GW chacun d'éolien posé en Manche, un projet d'éoliennes flottantes d'environ 2 GW en Bretagne nord-ouest, un autre de 2 GW dans le Golfe du Lion et un dernier d'environ 1,2 GW dans le Golfe de Gascogne.

Ce dixième appel d'offres, prévu début 2025, porterait ainsi l'éolien en mer à un effectif de 22 parcs pour une puissance totale de plus de 20 GW à horizon 2035. La filière remplirait ainsi l’objectif fixé par le gouvernement de 18 GW de parcs éoliens en mer installés d’ici à 2035. Une gageure, alors qu’il a fallu plus de dix ans pour mettre complètement en service le parc de Saint-Nazaire, et plus de douze ans pour ceux de Saint-Brieuc et Fécamp, retardés notamment par de nombreux recours.

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Au moins six parcs éoliens flottants

Pour accélérer le processus, le gouvernement et le gestionnaire de réseau RTE ont demandé à la Commission nationale du débat public (CNDP) d'organiser une vaste consultation. Intitulée «La mer en débat», cette initiative a impliqué tous les usagers de la mer et des littoraux métropolitains, entre novembre 2023 et avril 2024. Au total, 375 événements ont réuni 21000 participants. Cette consultation a permis au gouvernement de définir une carte des zones prioritaires pour l'implantation des 50 parcs éoliens en mer, à la fois posés et flottants, qui seront installés d'ici à 2050.

Nouvelle venue, l’éolienne flottante devrait ainsi donner un coup de boost à l’éolien en mer. Au total, au moins six des 17 parcs déjà annoncés devraient être flottants d’ici à 2035. Les premiers devraient démarrer l’injection d’électricité d’ici à 2031. À l’inverse de son jumeau, l’éolien posé, le flottant permet d’installer des parcs loin des côtes, au-dessus de grandes profondeurs d’eau, limitant ainsi les recours... donc les délais.

Des éoliennes dépassant 22 MW de puissance

Bien loin des 140€ par MWh des premiers parcs éoliens posés français, le tarif d’achat des trois premiers parcs éoliens flottants gravite, lui, autour de 88€ du mégawattheure (MWh). De son côté, le tarif d’achats de l’éolien posé plonge à pic. Les lauréats des deux derniers appels d’offres en fondations posées, à Dunkerque (Nord) et au large de la Normandie, ont promis un prix de moins de 45€ par mégawattheure (MWh), hors raccordement.

Pour assurer de tels tarifs, les vainqueurs de ces appels d’offres font un pari technologique. Alors que les éoliennes des trois parcs en service ont actuellement une puissance de 6 à 8 mégawatts, les lauréats de l’appel d’offres flottant en Méditerranée tablent, eux, sur une puissance de près de 23 MW par éolienne, selon la délibération publiée par la CRE ce vendredi 10 décembre. En Centre Manche, les porteurs du projet espèrent également installer des éoliennes comprises entre 22 et 28 MW pour une mise en service en 2031.

«Les trois premiers parcs flottants ont été désignés en 2024 pour une injection en 2031. En sept ans, ces projets vont bénéficier d’effets d’apprentissage, notamment dans la taille des éoliennes», pointe Michel Gioria, délégué général de France énergie éolienne. Avec des éoliennes de plus en plus puissantes, les promoteurs, menés par EDF Renouvelables ou encore Engie, tablent sur un nombre réduit de mâts à installer – et donc un coût réduit de production.

Siemens Gamesa en route vers les 21 MW

De telles puissances n’ont toutefois encore jamais été atteintes par les fabricants d’éoliennes. Fin décembre 2024, deux des trois pales du démonstrateur de 20 MW du fabricant chinois Mingyang se sont brisées. Il s’agit du plus grand modèle au monde à ce jour, avec un diamètre de l’hélice de plus de 260 mètres, soit davantage que la hauteur de la Tour Montparnasse. Les modèles Haliade de General Electric installés à Saint-Nazaire atteignent, eux, un diamètre de 150 mètres.

Installé au Havre, le fabricant d’éoliennes Siemens Gamesa – l’un des deux seuls turbiniers implantés en France – s’est lancé dans la course au gigantisme. L’entreprise germano-espagnole a entamé, début décembre au Danemark, le transport d’une nacelle d’un mastodonte qui atteindrait une capacité de 21 MW.

«De telles machines représentent un véritable défi logistique, ajoute Michel Gioria. Il faut également concevoir des navires capables de transporter des pales gigantesques, des ports dimensionnés pour les stocker ou encore des grues capables de les installer.» De son côté, l’Etat français a annoncé, en avril 2024, huit ports lauréats d’un appel à manifestation d’intérêt dans le cadre du plan France 2030. Ces projets visent à adapter les ports aux projets d’éolien flottant. Parmi eux figurent les ports de Marseille, Brest ou encore Saint-Nazaire.

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