Les Chantiers de l’Atlantique s'affirment comme figure de proue de l’éolien offshore français

Les Chantiers de l’Atlantique et leur partenaire Hitachi Energy ont signé un contrat de 4,5 milliards d’euros pour trois sous-stations destinées à RTE. Cela déclenche 100 millions d’euros d’investissements à Saint-Nazaire où Bruno Le Maire est venu annoncer des mesures pour accélérer le déploiement de l'éolien en mer.

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Station éolien offshore Chantiers de l'Atlantique
La sous-station livrée le 2 mai au projet Emyn. Le contrat signé par les Chantiers de l'Atlantique avec RTE porte sur des structures quatre fois plus volumineuses.

Les Chantiers de l’Atlantique vont investir plus de 100 millions d’euros, avec le soutien du crédit d'impôt pour l'industrie verte (C3IV), dans leur business unit énergies marines, Atlantique Offshore Solutions, qui est le deuxième fabricant européen de sous-stations électriques pour les champs éoliens en mer. Cette entité, qui emploie 370 salariés et qui recrute 70 personnes par an, va ainsi construire, pour le début 2026 une grande alvéole de peinture, une autre plus petite, un équipement de transport de ces sous-stations ainsi qu’un atelier flottant, «car nous n’avons plus de foncier», mentionne Frédéric Grizaud, le directeur général de cette diversification en plein essor.

L’un des éléments déclencheurs de cet investissement est le contrat de 4,5 milliards d’euros signé le 2 mai par le consortium associant les Chantiers de Saint-Nazaire et Hitachi Energy. Il porte sur la construction, pour RTE, de trois plateformes électriques en courant continu pour raccorder les parcs Centre-Manche 1&2 (Normandie) et Oléron. RTE est en effet le maître d’ouvrage du raccordement de ces parcs éoliens en mer. Ces sous-stations devront être respectivement livrées en 2029, 2030 et 2031. Le montant du contrat se répartit à 50/50 entre Les Chantiers de l’Atlantique et son partenaire. Cette commande, remporté de haute lutte à l’issue d’un appel d’offres international, comprend l’ingénierie, l’approvisionnement, la construction et l’installation des postes électriques en mer et des stations de conversion terrestres.

Des géantes de 13 000 tonnes

À la différence des sous-stations à courant alternatif, jusqu’à présent construites à Saint-Nazaire, ces installations à courant continu permettent d’acheminer l’électricité sur de longues distances, pour des champs situés à 60 km au large. Ces technologies étant difficiles à miniaturiser, ces sous-stations de nouvelle génération seront des géantes de 13 000 tonnes, sans compter les fondations, contre 4 000 tonnes pour les sous-stations, comme celle livrée, le 2 mai également, pour le parc "Eoliennes en mer Iles d’Yeu et Noirmoutier" (Emyn), projet développé par Ocean Winds (joint-venture Engie et EDPR).

Elles seront aussi deux fois plus hautes, à 38 mètres de hauteur, et développeront une puissance de 1 250 MW contre 500 MW pour la génération actuelle. Pour les Chantiers de l’Atlantique, chacune de ces sous-stations représente chacune 3 millions d’heures de travail, soit l’équivalent d’un paquebot de taille moyenne. Leur activité mobilise jusqu’à 1 000 salariés sur le site avec 250 sous-traitants. «60 à 70% de la construction est française et 99% européenne», mentionne Laurent Castaing, le directeur général des Chantiers de l’Atlantique qui mentionne un doublement de l’activité EMR en passe d'atteindre 25 à 30 % du chiffre d’affaires des Chantiers de l’Atlantique (2,5 milliards d’euros cette année). «La bonne nouvelle c’est que les clients en demandent davantage», se félicite le dirigeant. «Et on peut faire plus.»

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Préférence européenne

Présent à Saint-Nazaire, pour cette signature et cette livraison, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des finances, a reconnu «un retard à l’allumage» dans l’éolien offshore et sa volonté d’accélérer pour passer d’une puissance installée de 1,5 GW cette année 18 GW en 2035 puis à 45 GW en 2050. Il a annoncé qu’un candidat avait enfin été retenu pour le parc flottant de Bretagne-Sud pour 250 MW (appel d’offre numéro 5). Son nom sera communiqué prochainement après vérifications de ses garanties bancaires. Ce lauréat «montrera la compétitivité de la filière», a assuré Bruno Le Maire, puisque le prix sur lequel il a fondé son offre est très en dessous des 140 euros le MWh de l’appel d’offre. «On est à deux chiffres et pas à trois.»

Une carte en septembre

Bruno Le Maire a également annoncé la publication en septembre d’’une carte des «zones propices à l’éolien en mer» à horizon 10 ans et 2050. Il a aussi annoncé le lancement des appels d’offre pour deux autres parcs flottants de 250 MW, au large de Fos-sur-Mer et d’Agde. La date limite de dépôt des offres est fixée au 14 août pour une attribution fin 2024. Les appels d’offre 7,8, 9 et 10, suivront pour déployer près de 13 GW d’ici 2035. Bruno Le Maire a également promis une simplification des procédures avec l’objectif «de réduire de 12 à 6 ans le déploiement des parcs offshore.»

Le ministre a aussi promis que des mesures de «rééquilibrage» en faveur de l’industrie française dont le durcissement des critères carbone dans les appels d’offre, en prenant en compte les transports, mais aussi «la vraie empreinte carbone du mix énergétique des pays d’origine.» Le ministre propose aussi de «limiter à 50% la part des projets énergétiques qui serait réalisé par un pays hors de l’Union européenne» et même un contenu européen pour au moins 50% des projets d’éolien en mer.

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