Changement de méthode pour l’implantation des parcs éoliens en mer. Plutôt que d’avancer parc par parc, le gouvernement s’est lancé dans un exercice de planification à 2050 pour la construction des 50 parcs prévus à cet horizon pour atteindre 45 GW de capacités installées.
A la demande de l’Etat et du gestionnaire de réseau électrique RTE, la Commission nationale du débat public (CNDP) a organisé une grande consultation «La mer en débat», du 20 novembre 2023 au 26 avril 2024, pour impliquer tous les usagers de la mer sur tous les littoraux de la Métropole. Mais pas question de la limiter à la question des énergies renouvelables en mer et de ses impacts sur la pêche. Tous les sujets liés à la mer – de l’écosystème marin au trait de côte, en passant par la conchyliculture, le tourisme, le développement et la décarbonation des ports et les effets du changement climatique sur les littoraux – étaient au programme.
Un succès : ont été comptés 20088 contributions écrites, 4000 arguments recensés et plus de 21000 participants aux quelque 375 évènements organisés sur toute la façade littorale, de Dunkerque à Biarritz et de Collioure à Menton, ainsi qu’à Lyon et Paris. A la synthèse rédigée par le CNDP, publiée le 24 mai, le gouvernement avait trois mois pour répondre, soit le 24 septembre. Les nouveaux ministres étant à peine nommés à cette date, ils ont obtenu de repousser d’un mois le rendu de leur copie, très attendue par la filière.
Pas de nouveau parc à moins de 12 miles nautiques des côtes
Les cartes des zones prioritaires où seront implantés les futurs parcs éoliens d’ici à 2035 et à horizon 2050 ont finalement été dévoilées le 18 octobre, à l’occasion d’un déplacement de la ministre déléguée chargée de l'Énergie Olga Givernet et du ministre délégué chargé de la Mer et de la Pêche Fabrice Loher, au musée des pêcheries à Fécamp (Seine-Maritime) où EDF a mis en service son deuxième parc éolien en mer au printemps 2024.

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«C’est une nouvelle étape décisive dans le déploiement des énergies marines renouvelables et une avancée significative dans la mise en œuvre de notre stratégie nationale pour la mer et le littoral adoptée le 10 juin dernier, a déclaré Fabrice Loher, également maire de Lorient (Morbihan). Cette planification permet de trouver un équilibre entre la sécurité en mer, la souveraineté alimentaire et la protection de la biodiversité.» La planification sera déclinée dans les documents stratégiques de façade « qui seront publiés l’été prochain », a précisé le ministre.
Ministère de la tranistion écologique De son côté, Olga Givernet a rappelé que «en 2050, l’éolien en mer pourra représenter 20 % de notre production d’électricité. Cette planification donne de la visibilité à nos industriels. Nous pourrons attribuer des appels d’offres pour une puissance de 15 GW dans les 10 prochaines années. Elle concernera les zones du golfe de Gascogne, du Golfe du Lyon, et nord de la Bretagne.» À court terme, le premier appel d’offres publié dans les prochains mois, concernera une zone au large du parc éolien de Fécamp, «pour deux parcs éoliens de 2GW chacun, soit une puissance 8 fois plus importante que le parc actuel», a aussi indiqué la ministre de l’énergie. À horizon 2050, d’autres parcs seront développés en Bretagne, Méditerranée et Centre et sud de la Façade Atlantique.
Comme demandé lors de la concertation publique, «toutes les zones sélectionnées seront bien à 23 km des côtes (12 miles nautiques), en dehors des zones de protection forte», a confirmé Olga Givernet. L’appel à projet numéro 10, qui doit concerner tout un ensemble de parcs sur toutes les façades du littorale, pour une capacité total de 8,4 à 9,2 GW (cf. encadré ci-dessous) pour atteindre 18 GW installés en 2035, ne sera lui publié qu’en 2025, après une phase d’études avec un résultat des courses à l’automne 2026. Il comportera encore environ 4 GW d’éolien posé et le reste d’éolien flottant.
La logique «d'équité territoriale», était au cœur des décisions afin que «l’effort soit réparti sur toutes les façades du littoral», explique le ministère de la Transition écologique. Rien n’est en revanche prévu pour l’hydrolien. «Il figure dans la réponse des ministres, mais la volonté est de continuer à explorer les possibilités de cette énergie», explique le cabinet de la ministre déléguée chargée de l’Énergie.
Des zones de protection forte aux contours encore flous
Les ministres ont aussi présenté les cartes des zones de protection forte (ZPF), qui sont une «labellisation, qui vient en plus des différents régimes d'aires marines protégées existantes» et vise «à rehausser le niveau de protection sur la base», mais dont les contours font encore «l’objet de discussions au sein de l'État en ce moment», précise le cabinet du ministre délégué chargé de la Mer et de la Pêche.
La labellisation n’interdit «de principe» aucune activité, sauf la production d’énergies marines renouvelables et l’extraction de granulats marins. «Aucune des zones prioritaires pour le développement de l'éolien en mer ne sera située dans des ZPF», précise le cabinet d’Olga Givernet.
Les ministres ont enfin dévoilé les cinq lauréats de la deuxième relève des projets pour l’observatoire de l’éolien en mer et de la biodiversité, qui a bénéficié d'une subvention de l'État de 50 millions d'euros pour renforcer la connaissance scientifique et le suivi scientifique des effets des énergies marines et de ces grands projets d'énergie marine sur l'environnement marin. Ils se partageront 4,8 millions d'euros.
Aurélie Barbaux avec Jonathan Grelier, envoyé spécial à Fécamp



