L'horizon se dégage enfin pour cet hiver. «Quand on a publié l’analyse globale sur cet hiver, en septembre, il y avait trois grands scénarios. Ce qu’on peut déjà dire aujourd’hui, c’est que nous avons écarté le scénario le plus contraint, celui du bas, le scénario du pire», a annoncé, mercredi 14 décembre, Thomas Veyrenc, directeur exécutif du pôle stratégie et prospective de RTE, lors d'une table-ronde organisée par la Commission des affaires économiques du Sénat sur le nouveau nucléaire, à laquelle participait également Luc Rémont d'EDF.
La France reste dans une situation de «grande vigilance», selon Thomas Veyrenc. Mais la fin du mois de novembre, «une période très risquée, parce que c'était le mois où l'écart avec la disponibilité nucléaire historique était vraiment très important», est «derrière nous», a-t-il rassuré. Le mois de janvier fera quant à lui l'objet d'une vigilance particulière, «comme c’est le cas tous les ans». Le dirigeant s’est toutefois montré optimiste en déclarant: «Nous avons certainement les moyens d’éviter des coupures.»
La consommation électrique en forte baisse
Si le «scénario dégradé» a pour l'instant été mis de côté, c'est en raison d’une consommation électrique significativement plus faible que d'habitude. Sur les quatre dernières semaines, RTE a observé une baisse de 9% par rapport à la moyenne de la période 2014-2019 et de 9,7% sur la dernière semaine. «C’est tout à fait considérable, a réagi Thomas Veyrenc. Dans le secteur industriel, il y a une question d’activité économique et de signal-prix, mais il y a aussi beaucoup d’effets de sobriété qui sont désormais visibles».
Du côté du nucléaire, alors que la situation souhaitable pour passer l’hiver, selon Thomas Veyrenc, aurait été de disposer d'une disponibilité de production du parc de 40GW au 1er décembre et de 45 GW au début du mois de janvier, celle-ci dépasse actuellement les 41 GW. Le directeur exécutif en a profité pour remercier «tous les gens qui se sont mobilisés pour les activités de maintenance et qui ont fait en sorte qu’on arrive à ce niveau-là». Quant au niveau de stock hydraulique, il est revenu dans les moyennes historiques.
Enfin, le représentant du gestionnaire du réseau de transport d'électricité a souligné la fluidité des interconnexions européennes et a rappelé que la France avait même pu se permettre d’exporter, lundi 15 décembre, de l’énergie vers le Royaume-Uni, en grande difficulté actuellement. Pas de quoi relâcher pour autant les efforts de sobriété.



