Chez General Electric (GE), les cadres sont mécontents. La CFE-CGC, premier syndicat du groupe, a organisé le 8 décembre une assemblée générale virtuelle qui a réuni «près de 700 techniciens, ingénieurs et cadres», selon le syndicat. L’objectif de l’assemblée était de réunir les délégués syndicaux des différentes entités de GE (Healthcare, Renewable Energy, turbines à gaz…) et de décider des actions à venir pour obtenir des augmentations plus importantes pour les cadres, celles proposées par la direction étant insuffisantes pour rattraper l’inflation. Dans l'entité des turbines à gaz, par exemple, une augmentation générale de 5,5% est prévue pour les non-cadres, de 3,5% pour les cadres.
Des cadres déjà fragilisés par les PSE
Les négociations annuelles obligatoires, terminées pour certaines entités, en cours ou pas encore débutées pour d’autres, se déroulent dans un contexte particulier pour le groupe. «Tous les PSE de ces dernières années ont affaibli nos catégories, lance Philippe Petitcolin, coordinateur national CFE-CGC à GE. Plusieurs bureaux d’études ont été délocalisés en Inde, nous avons plus de responsabilités et un manque de reconnaissance qui provoque une explosion des burn-out !» Et cela risque de continuer. De nouveaux plans de sauvegarde de l'emploi (PSE) sont prévus, dont un qui pourrait supprimer 28 postes de cadres sur 76 dans l’éolien terrestre. Pour se défendre, la CFE-CGC compte continuer à s’adresser à la presse. «Nous ne préconisons pas la grève, nous privilégions un schéma d’action médiatique», affirme le coordinateur.
Grèves chez RTE et la SNCF
Le levier de la grève a en revanche été mobilisé par l’intersyndicale de RTE. Revendiquant 4,6% d’augmentation, comme l'ont obtenu les salariés d’Enedis, les syndicats (CFDT, CGT, FO, Alliance CFE-Unsa Energies) ont organisé des mouvements de grève le 24 novembre et le 6 décembre, marquant le début et la fin des négociations annuelles obligatoires (NAO). Face aux revendications des syndicats, la direction propose une augmentation de 2,3% et une prime «pérennisable» qui se «transformerait en salaire d’ici à deux ans», une proposition que la CFDT rejette. «La question que l’on se pose, c’est comment être sûrs qu’ils vont la pérenniser ?» s’interroge Dominique Santoni, déléguée syndicale CFDT RTE. Les négociations sont terminées et la direction doit proposer un accord ce vendredi 9 décembre.
A la SNCF, la grève des contrôleurs, puis celle des syndicats, ont permis d’obtenir plusieurs propositions de la direction, comme 2% d’augmentation générale au lieu d'aucune, des mesures pour les déplacements domicile-travail et les carrières, ainsi qu’une clause de revoyure, qui permettra de «faire un état des lieux du niveau de l’inflation». Si les syndicats consultent leurs adhérents pour décider de la suite, les contrôleurs, dont le mouvement avait été déclenché hors mot d'ordre syndical, pourraient reprendre la grève lors des week-ends de fin d’année. Les aiguilleurs sont quant à eux appelés à faire grève du 15 au 19 décembre.
Une revendication pour le climat
Du côté de Thales Land and Air Systems (Thales LAS), les négociations sont toujours en cours. Parmi les revendications de la CGT, figure également une demande de «revalorisation de l’expérience». «Les salaires à l’embauche ont augmenté l’année dernière, plus que les salaires des salariés déjà présents. Nous demandons à rétablir l’équilibre entre les deux», explique Cyril Dardenne, délégué syndical CGT à L'Usine Nouvelle. La CFDT, premier syndicat de l’entreprise, a des revendications proches de celles de la CGT, mais demande également «que la direction de Thales LAS mette en pratique concrètement les engagements du groupe dans la lutte contre le réchauffement climatique». L'un des sites de l'entreprise, à Limours (Essonne), est l'un des premiers à avoir mis en place le «radar travail et environnement» conçu par la CGT.



