La démocratie directe pour justifier une politique de sortie de crise ? Certains y croient, notamment à Bruxelles. Pour préparer la loi climat prévue pour l’été 2020, la Commission européenne a ouvert le 31 mars une consultation citoyenne en ligne. Intitulée « 2030 Climate Target Plan », elle concerne l’augmentation de l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre à - 50, voire - 55 %, d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990.
On voit mal comment le sujet du climat, initialement déconnecté de la crise du coronavirus, ne se télescoperait pas avec les discussions en cours sur la sortie de crise. D’autant que les lobbys et les grandes entreprises sont à la manœuvre pour que la transition énergétique reste en bonne place dans les plans de relance, comme l’a confirmé le président d’Engie, Jean-Pierre Clamadieu, à « L’Usine Nouvelle ».
En France, les citoyens sont bien décidés à ne pas les laisser seuls en piste. Les 150 Français tirés au sort pour la Convention citoyenne pour le climat se sont réunis à distance les 3 et 4 avril pour intégrer dans leurs travaux les conséquences économiques et sociales de la pandémie de Covid-19. Le 9 avril, ils ont soumis à l’exécutif 50 propositions pour créer "un modèle économique et sociétal différent, plus humain et plus résilient". Les autres Français qui voudraient donner leur avis sur les priorités du plan de relance peuvent se rendre sur la plate-forme en ligne « Le jour d’après », lancée par une soixantaine de parlementaires. Ils peuvent aussi participer aux travaux scientifiques du philosophe et sociologue Bruno Latour, en répondant aux six questions de son questionnaire, "Gestes barrières contre le retour à la production d’avant-crise". Il leur faut juste rester conscients des limites de l’exercice. On attend toujours les conclusions du Grand débat national.



