De premiers clichés à couper le souffle. Le satellite radar Biomass a livré ses premières images, publiées par l’Agence spatiale européenne (ESA) ce lundi 23 juin. Forêt bolivienne, désert tchadien, volcans indonésiens, glacier d’Antarctique… Le nouveau satellite scientifique lancé fin avril depuis la base spatiale de Kourou, en Guyane, ratisse le globe. Principal objectif : évaluer pendant cinq ans le volume mondial de la forêt tropicale afin d’estimer ses capacités de stockage de carbone.
ESA Photo du désert tchadien prise par le satellite Biomass.
«Comme d'habitude, nous sommes encore en phase de mise en service, en train de régler le satellite pour qu'il fournisse des données de la meilleure qualité possible aux scientifiques afin qu'ils puissent déterminer avec précision la quantité de carbone stockée dans les forêts du monde entier», explique Michael Fehringer, responsable du projet Biomass à l’ESA, dans un communiqué. Ces premiers clichés ne doivent donc pas encore servir aux chercheurs.
Premier satellite de l’histoire équipé d’un radar en bande P
Véritables réservoirs de carbone, les forêts absorberaient chaque année plusieurs milliards de tonnes de gaz à effet de serre. Les fourchettes des estimations scientifiques sur le sujet sont toutefois encore très variables. Pour affiner leurs résultats, les chercheurs ont pu miser jusque-là sur les satellites d’observation de la Terre, comme Sentinel-1. Las, ceux-ci ne parviennent pas à regarder au travers de la canopée des forêts les plus denses, alors que le carbone emprisonné par les arbres se trouve précisément dans les troncs et les racines.

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ESA Volcans en Indonésie.
Pour pénétrer en un coup d’œil dans la forêt, le satellite européen est le premier au monde à s'être équipé d’un radar en «bande P» - avec des ondes de grandes longueurs, d’environ 70 centimètres. Dans le domaine des radars, une onde électromagnétique ne réagit qu’avec des objets dont la taille est comparable à sa longueur. Ainsi, grâce à sa longueur d’onde, le radar permet de détecter tous les objets mesurant plus de 70 cm… Comme les branches et les troncs. Au bout du compte, les scientifiques espèrent estimer la hauteur de la forêt tropicale, une information cruciale pour obtenir la quantité de carbone séquestré.
Côté industriel, l’italien Leonardo a produit l’amplificateur du signal, cœur du système chargé de donner de la puissance au radar. Le réflecteur, sorte de parapluie géant déployé par le satellite pour viser une zone précise et recevoir le signal faible, a été fabriqué, lui, aux États-Unis. Airbus s’est chargé, lui, de l’avionique du satellite depuis son site de Toulouse, en Haute-Garonne.



