Analyse

Ce qu'il faut retenir du plan climat de sortie de crise chiffré par I4CE

Le think tank Institute for Climate Economics a publié une note intitulée “Investir en faveur du climat contribuera à la sortie de crise" qui chiffre l’impact d’une augmentation de 50 % du budget climat de l’État.

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Rénovation bâtiment toît
Avec 6,5 milliards d'euros d'argent public en plus par an dans les budgets vert de la rénovation, des transports et des renouvelables, ce sont 19 milliards fléchés vers la neutralité carbone, estime I4CE.

La dernière note du think tank Institute for climate economics(I4CE) est précise, précieuse, mais ne se suffit pas à elle-même. Elle pourra néanmoins servir de base à des acteurs comme Engie, qui militent pour que la transition énergétique et le climat ne soient pas oubliés.

"Pour l’après-crise, nous avons le sentiment, dans différents pays, que les pouvoirs publics vont mettre en place des plans d’investissements majeurs. Notre rôle dans un premier temps est de leur rappeler l’importance de la transition énergétique. Pour nous, c’est un sujet important. On s’organise pour préparer quelques idées à partager avec les grands acteurs", a expliqué Jean-Pierre Clamadieu, le président d’Engie, dans un entretien à paraître dans l’Usine Nouvelle le 16 avril.

En ajoutant à sept secteurs verts...

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Les experts d’I4CE Hadrien Hainaut, Maxime Ledez, Quentin Perrier, Benoit Leguet et le professeur de l’Université Paris-Dauphine, Patrice Geoffron, ont calculé l’impact qu’aurait, dans le cadre d’un plan de relance post-crise, une augmentation d’environ 50 % des investissements publics en faveur du climat dans sept secteurs phare de la stratégie nationale bas carbone (SNBC) : la rénovation des logements privés, la rénovation des bâtiments tertiaires (publics et privés), le déploiement des véhicules électriques, les infrastructures de transport en commun, les infrastructures ferroviaires, les aménagements cyclables, et la production d’électricité renouvelable.

... 6,5 milliards d'euros publics de plus par an 

En ajoutant 6,5 milliards d'euros par an aux investissements publics (États, collectivités et banques publiques) dans ces sept secteurs aux 12,5 milliards annuels déjà prévus au budget (dont 8,1 milliards pour les énergies renouvelables), I4CE estime que cela augmenterait les investissements privés (ménages, banques privées et entreprise via les CEE) de 12,5 milliards, soit presque un doublement de la mise. Mais l’effet de levier ne serait pas partout identique.

Dans la rénovation des logements privés, l’effet espéré serait spectaculaire. Entre 2020 et 2023, en injectant 200 millions d’euros par an de plus d’argent public, on augmenterait de 3,6 milliards l’investissement privé, selon I4CE. Alors que dans le tertiaire, 800 millions de plus par an n’entraîneraient que 1,3 milliard de plus d’investissement privé.

Doubler la mise dans le privé...

Pour décarboner le transport, mieux vaut investir dans l’aide à l’achat de voitures particulière bas carbone. 800 millions d'euros d’argent public augmenteraient les dépenses privées annuelles de 4,2 milliards. Les trois autres secteurs retenus (transport urbain, piste cyclable et ferroviaire) étant, il est vrai, déjà largement financés par des fonds publics. "Mais les investissements publics irriguent aussi les entreprises privées du BTP", assure Benoit Leguet, directeur général d’I4CE.

Enfin, pour la production d’électricité renouvelable, les experts d’I4CE estiment que miser 2 milliards de plus d’argent public par an doublerait presque la mise... en augmentant de 3,6 milliards les investissements privés.

... et avoir un plan "piste cyclable plutôt que rond-point"

"Nous avons voulu montrer que, dans l’hypothèse très probable où le gouvernement opterait pour un plan de relance post-crise de Covid-19 budgétaire, plutôt que financier, et contrairement à celui de 2008 qui sans être mauvais pour le climat a fait perdre 10 ans, on a là une occasion d’agir en même temps pour le climat et l’économie", précise le président d’I4CE. Et de préconiser un plan de relance "piste cyclable plutôt que rond-point !"

Reste que sans mettre en regard l’impact en terme d’emplois et de réductions des émissions de CO2, ces chiffres ne suffisent pas. Basée sur la partie chiffrable de la stratégie nationale bas carbone (SNBC), il manque notamment à cette étude l’impact d’investissements plus massifs dans les gaz renouvelables et la biomasse, par exemple. Mais cette note devrait néanmoins trouver sa place en haut de la pile des bureaux à Bercy.

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