Du jamais vu depuis 1990. Les émissions de CO2 dues à la production d’électricité ont baissé d’environ 2 % au niveau mondial en 2019, grâce à un recul de 3 % de l’usage du charbon : c'est la bonne nouvelle d'une étude que son auteur, le think tank Ember (ex-Sandbag), tempère immédiatement.
Une croissance économique qui marque le pas
Selon les auteurs de l’étude, basée sur les chiffres 2019 de 85 % de la production électrique mondiale (les 15 % restants étant des estimations), il est en effet trop tôt pour crier victoire. La baisse des émissions en 2019 s’explique en effet en partie par des facteurs pas forcément récurrents, comme un hiver 2019 clément, le redémarrage de capacités nucléaires, des prix du gaz très bas, des conditions météorologiques favorables à l’hydraulique et un ralentissement de la croissance économique en Chine et en Inde et donc de la demande.
Ember 2020 Une année atypique dans le nucléaire

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Avec +4% (+101 TWh) en 2019, le nucléaire a enregistré sa plus forte progression du siècle en raison des redémarrages au Japon et en Corée du Sud, mais aussi de nouvelles capacités installées en Chine. La production hydroélectrique a augmenté, surtout en raison des conditions humides en Chine, où la plupart des nouvelles centrales hydroélectriques sont en cours de construction, et en Inde.
Ember 2020 Surtout, la baisse du charbon aux États-Unis (-24 %) et en Europe (-16 %) est due à une combinaison de nouvelles installations éoliennes et solaires, une production accrue de gaz assortie d’une baisse des prix et d'un léger recul de la demande d'électricité. Or les fuites de méthane, à l’effet de serre environ trente fois supérieur à celui du CO2, seraient surestimées dans le monde et n'entrent pas dans le décompte des émissions du secteur électrique.
De bonnes conditions météo pour l'hydro
Le charbon a aussi reculé en Inde (-3 %) grâce à une croissance de la demande d'électricité qui a marqué une pause, à l’installation de nouveaux panneaux solaires et à une année exceptionnelles pour l'hydroélectricité. Il a aussi chuté en Corée du Sud (-5 %) et au Japon (-4 %) en raison du redémarrage du nucléaire et d'une baisse de la demande d'électricité.
Ember Une surproduction de gaz
En revanche, en Chine, la croissance de l'éolien, du solaire, du nucléaire et de l'hydraulique n'a pas suffi à compenser la hausse rapide de la demande d'électricité de 4,7 %. Le pays a connu la plus forte augmentation de la production de charbon 77 TWh (2 %) en 2019. Il est désormais responsable de la moitié de la production mondiale d’électricité à base de charbon (50,2 %).
Ember 2020 Pour répondre à une demande d’électricité plus forte, le charbon a aussi progressé en Indonésie (+11 %), en Malaisie (+5 %) et aux Philippines (+12 %). Le Pakistan a mis en service une nouvelle centrale au charbon qui remplace une centrale au fioul. Au Vietnam, le charbon a augmenté (+34 %) en raison d'une sécheresse record, malgré une énorme augmentation de la capacité solaire construite.
Mais l'électricité n'est pas toute l'énergie
Enfin, l’électricité ne représente que 20 % de la consommation d’énergie dans le monde. Conséquence, si grâce au recul du charbon les émissions ont progressé plus lentement en 2019 (+0,6%) selon un rapport du Global Carbon Project, c’est en partie à cause d’une forte hausse du gaz naturel (+2,6 %) et du pétrole utilisé dans les transports (+0,9 %), ainsi que du déboisement par le feu. Pour mémoire, en moyenne dans le monde, les émissions de gaz à effet de serre proviennent à 45 % de l’énergie, à 22 % de l’industrie et à 20 % des transports.



