Le métro MP14 est à l’heure. Alstom, le constructeur français a déjà livré quatre nouvelles rames de la ligne 14 du métro parisien dont la première a été inaugurée et mise en service lundi 12 octobre 2020, au matin, à la station Olympiades en présence de Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France et d’Île-de-France Mobilités, de Catherine Guillouard, PDG de la RATP, et d’Henri Poupart-Lafarge, le président-directeur général d’Alstom.
"C’est un moment de pur bonheur qui sera complet le 17 décembre prochain avec la mise en service de l’extension au nord de Paris, a affirmé Valérie Pécresse. Le prolongement de la ligne 14 va permettre de faire baisser la fréquentation de 25 % sur la ligne 13. C’est un métro très moderne avec un freinage électrique qui limite l’émission de particules, de la vidéo protection, qui fait beaucoup moins de bruit, avec de la clim et de l’info voyageurs."
Trois ans de retard pour l’extension au nord
Ces nouvelles rames de métro MP14 ont été commandées pour répondre à l’extension de la ligne 14 au nord entre la gare Saint-Lazare et Mairie de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) et au sud entre la station Olympiades et l’aéroport d’Orly (Val-de-Marne). L’extension au nord a été retardée de trois mois en raison de la crise sanitaire et sa mise en service est maintenant prévue pour mi-décembre.
A l’origine, l’ancien président de la RATP, qui s’était engagé un peu trop vite à l’époque, avait prévu une inauguration en 2017. Quelques mauvaises surprises sur le chantier ont ensuite retardé l’avancement des travaux, notamment des infiltrations importantes d’eau à la station Porte de Clichy.
© RATP - Bruno MARGUERITE L’extension au sud est programmée pour les Jeux Olympiques de 2024. C’est même aujourd’hui le seul tronçon qui devrait être inauguré avant ce rendez-vous. Mais les délais sont courts.
Quand les extensions au nord et au sud seront terminées, la ligne passera de 9 à 27 km et comptera 21 stations.
Huit sites Alstom mobilisés
Ce métro a été conçu et fabriqué dans l’usine de Petite-Forêt, à Valenciennes (Nord), mais il sollicite la contribution de sept autres sites d’Alstom, sans parler des nombreux fournisseurs qui participent au projet. Selon la direction d’Alstom, le MP14 va contribuer à pérenniser ces sites jusqu’en 2026.
Dans le détail, Valenciennes (Nord) assure les études, l’intégration, la validation et les essais, le Creusot (Saône-et-Loire) produit les bogies, Ornans (Doubs) les moteurs, Villeurbanne (Rhône) l’électronique embarquée, Tarbes (Hautes-Pyrénées) la traction, Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) l’informatique de sécurité. Le site de Reichshoffen (Alsace), qui doit prochainement être cédé dans le cadre du rachat de Bombardier Transport, travaille sur les études de collision tandis que le design est développé au siège de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).
© RATP - Bruno MARGUERITE 1 million de voyageurs attendus chaque jour à partir de 2024
Les extensions de la ligne 14 vont engendrer une affluence beaucoup plus importante. "La ligne 14 va accueillir 1 million de voyageurs par jour en 2024", prévient Valérie Pécresse. Dès l’origine, les quais pour ce métro automatique étaient dimensionnés pour des rames plus longues que celles qui sont utilisées aujourd’hui.
Avec 120 mètres de long et une capacité de 1 000 voyageurs, au lieu de 90 mètres pour les rames actuelles, les nouvelles compteront huit voitures au lieu de six, ce qui en fait le métro parisien le plus long. Il s’agit d’un métro automatique sur pneu financé par Île-de-France Mobilités, qui a dépensé 2 milliards d’euros.
"Le MP14 propose un niveau de confort et de sécurité inédits grâce à des aménagements intérieurs et des sièges dessinés autour de la thématique de l’alcôve, créant à la fois convivialité ou intimité. De vastes zones d’accueil proposent une accessibilité à tous les passagers, avec des espaces dédiés et des sièges en forme de boomerang améliorant la fluidité et la capacité des rames", indique Alstom dans un communiqué.
Des rames pour les lignes 4 et 11
Ces métros sont également équipés de ventilation chaude et réfrigérée, de vidéo protection complète et une information dynamique à bord pour les passagers. Pour réduire la consommation de 17 %, le freinage 100 % électrique permet de récupérer l’énergie et de la réinjecter sous forme d’électricité dans le réseau. Il limite aussi les particules fines émises par les organes du frein mécanique. Pour l’environnement, il est aussi plus silencieux (- 40 %) et son taux de recyclabilité est de 95 %.
Alstom livrera une vingtaine de rames automatiques en 2021 à raison de deux par mois pendant quatre ans. Mais automatisation ne veut pas dire déshumanisation. "180 personnes travaillent sur la ligne notamment pour l’accueil", précise Catherine Guillouard, PDG de la RATP.
Les rames actuelles seront ensuite transférées sur la ligne 4 quand elle sera automatisée, à partir de 2021, et les rames de la ligne 4 devraient rejoindre la ligne 6.
SYLVAIN_CAMBON 


