Nomination

Luc Rémont écarté de la tête d’EDF, Bernard Fontana envisagé pour le remplacer

L’Élysée a débarqué Luc Rémont de la tête d’EDF ce vendredi 21 mars, dans un contexte de relations houleuses entre l’énergéticien et une partie de l’industrie française. L’actuel directeur général de Framatome Bernard Fontana est envisagé par Emmanuel Macron pour prendre sa suite.

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NE PAS REUTILISER Luc Rémont PDG d'EDF en mars 2025
Le départ du directeur général d'EDF Luc Rémont, initialement prévu en juin, a été précipité de trois mois suite à des relations houleuses avec une partie du monde industriel français.

Chahuté depuis plusieurs jours, Luc Rémont quitte précipitamment le navire. Le PDG d'EDF s'est vu remercier par l’Élysée ce vendredi 21 mars. Nommé en novembre 2022, le mandat du patron de l’énergéticien détenu par l'Etat devait initialement courir jusqu’en juin. Le président de la République envisage de nommer Bernard Fontana, actuel directeur général de Framatome, à sa succession. Si elle est effective, cette nomination devra être validée par le Parlement.

La grogne d’une partie des industriels

«Sa position devenait complètement intenable», souffle une source proche du dossier à L'Usine Nouvelle. Les industriels les plus électro-intensifs sont notamment montés au créneau après la décision, début mars, de mettre aux enchères les contrats de long terme d’allocation de production nucléaire. La décision a irrité les industriels les plus gourmands en électricité… Mais également les occupants des couloirs de Bercy.

Principale crainte des anti mise aux enchères : la nouvelle formule risque de faire monter le prix de l’électricité pour les industries les plus gourmandes en électron. En cause, ces entreprises se trouveraient alors mises en concurrence avec des sociétés issues d’activités moins énergivores, donc moins sensibles au prix de l’électricité et donc capables de la payer un peu plus cher.

«C’est un bras d’honneur à l’industrie française», a fustigé, sur BFM Business, Benoît Bazin, le PDG de Saint-Gobain, au ton habituellement modéré. «EDF ne doit pas tourner le dos à l’industrie française», a réagi de son côté l’Uniden, l’association des industriels électro-intensifs, par communiqué début mars. «Le projet de mise aux enchères européennes (…) affaiblirait l’industrie française», s’est indigné sur X l’ancien ministre de l’Économie Bruno Le Maire.

De son côté, EDF espérait écouler plus rapidement ses contrats d’allocation de production nucléaire (CAPN) via ce mécanisme. À la peine, les négociations bilatérales avaient abouti, à début mars, à un maigre bilan de huit lettres d’intention et une seule signature ferme d’un contrat pour un volume de consommation annuelle totale de 12 térawattheures (TWh), contre une vingtaine de TWh espérés par l’État. Reste à voir si Bernard Fontana parviendra à faire mieux.

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