Enquête

Les Pays de la Loire, laboratoire des énergies marines renouvelables

Eoliennes flottantes, hydrogène, navires autonomes, systèmes sous-marins… Dans les Pays de la Loire, la quête de nouvelles énergies marines est une source d’innovation menée par des acteurs comme l’Ecole Centrale, les Chantiers de l’Atlantique et Lhyfe.

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Prototype au 1/14 du navire sans équipage de Farwind, capable de produire de l'électricité, de l'hydrogène ou des électrofuels à l'horizon 2024.
Prototype au 1/14 du navire sans équipage de Farwind Energy.

C’est sur ce petit carré d’océan, à 20 kilomètres au large du Croisic (Loire-Atlantique), que se joue en partie l’avenir des énergies marines renouvelables (EMR) en France. Depuis 2012, le site d’essais Sem-Rev est le théâtre d’innovations importantes pour la filière des EMR. C’est là que tourne, depuis 2018, la première éolienne flottante de France développée par la société BW Ideol. C’est aussi là que la start-up Geps Techno, basée à Guérande (Loire-Atlantique), a testé sa bouée houlomotrice Wavegem, récemment validée par Facebook pour alimenter ses câbles transatlantiques.

En 2022, un autre prototype d’éolienne flottante développé par la société brestoise Eolink sera remorqué sur Sem-Rev. C’est également sur ce site que sera placée en 2022 la première unité de production d’hydrogène « vert » offshore, un démonstrateur d’un mégawatt initié par la start-up nantaise Lhyfe et l’Ecole Centrale Nantes, « une première mondiale », selon les deux partenaires. Le dispositif sera en l’occurrence installé sur la plateforme flottante de Geps Techno et connecté aux différentes sources d’énergies disponibles sur le site dont Floatgen.

Lhyfe sur tous les fronts 

Très en vue dans l’émergence de l’hydrogène décarboné, Lhyfe a levé 50 millions d’euros en septembre dernier et avance sur bien d’autres projets offshore. Entre autres partenariats, la société a récemment signé avec la société d’ingénierie Doris, le projet d’une autre éolienne flottante intégrant la production d’hydrogène. Lhyfe s’est aussi rapproché de l’anglais Aquaterra Energy et du norvégien Borr Drilling pour un projet de plateforme jack-up dédié à d’autres projets de production d'hydrogène renouvelable en mer. Un autre accord a été paraphé avec l’américain Plug Power, l’un des leaders mondiaux de la pile à combustible, avec la perspective de co-développer une usine d'électrolyse de l'énergie éolienne offshore aux États-Unis.

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Sem-Rev accueillera des projets plus insolites encore, dont celui de Segula. Cette société d’ingénierie, en lien avec plusieurs laboratoires nantais, veut installer fin 2023, au large du Croisic, son système de stockage de l’énergie renouvelable fonctionnant par un système d’air comprimé sous-marin. Baptisé Remora, le projet consiste à utiliser l’électricité des énergies marines pour la convertir en énergie hydraulique. En résumé, l’électricité sert à pomper l’eau, créant un piston liquide qui maintient l’air sous pression dans une chambre. Pour restituer l’énergie, l’air décompressé fait tourner une turbine.

L’étrange vaisseau Farwind 

L’autre projet hors norme, issu des cerveaux de Centrale Nantes, est Farwind. Cette start-up, qui a levé 2 millions d’euros en novembre dernier, veut fabriquer un navire de 80 mètres de long qui pourrait produire de l’électricité, de l’hydrogène ou des électrofuels à horizon 2024. Ce vaisseau sans équipage, embarquant des batteries ou des électrolyseurs, serait propulsé par quatre rotors Flettner. Des hydrogénérateurs, sous la coque, produiraient l’électricité. L’entreprise a déjà validé plusieurs briques en faisant naviguer au printemps dernier un prototype à l’échelle 1/14e sur le lac de Vioreau, au nord de Nantes.

L’heure est aussi aux premiers retours d’expérience. A l’heure ou l’éolien offshore reste contesté, Floatgen, première éolienne flottante de France, serait a priori sans impact sur l’environnement. C’est ce qu’affirme une étude de 87 pages qui vient d'être publiée par le Sem-Rev et le CNRS. Elle porte sur plusieurs domaines, de la physique (acoustique sous-marine, champ électromagnétique, température) à la biologie (mammifères marins, communautés benthiques, avifaune…) en passant par une composante sociale avec une analyse paysagère. Le rapport de suivi environnemental sera mis à jour jusqu’au démantèlement de l’engin, en 2023. Déjà, en 2019, Centrale Nantes avait révélé que le prototype avait plutôt bien résisté, tout en demeurant productif lors de la sévère tempête Miguel et ses houles de 4,4 mètres.

Mesurer la performance des voiles

Centrale lance par ailleurs une étude sur la filière vélique, autre volet prometteur des EMR en Loire-Atlantique. Le projet de R&D Perfo, mené par l’agence d’architecture navale Stirling Design International (SDI) et Bureau Veritas Solutions Marine & Offshore (BVS), s’attachera à mesurer dans les 18 prochains mois les performances des voiles, ailes, kites ou rotor sur les navires de commerce. Le projet prend tout son sens dans la région avec les projets d’Airseas, et son cerf-volant géant, Neoline, qui tente de financer son premier cargo à voile, ou les Chantiers de l’Atlantique, et sa technologie Solidsail, une voile en accordéon qui pourrait un jour coiffer les paquebots.

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