L'année 2019 n'aura pas été l'année des énergies maritimes renouvelables en France. Mardi 30 juin, l'Observatoire des énergies de la mer a publié son rapport concernant l'année écoulée. Au programme, des hauts et des bas, pour une filière principalement poussée par l'éolien posé et flottant. De son côté, l'hydrolien conserve une part de marché encore très marginale.
En 2019 donc, les EMR auront réalisé un chiffre d'affaires global de 305 millions d'euros. C'est 47 % de moins qu'en 2018 (573 millions). Plus précisément, les entreprises de la filière ont rapporté en 2019, 294 millions d'euros, dont 69 % à l'export. Une chute conséquente de 47 %, par rapport au plus de 550 millions engrangés en 2018.
En cause, une baisse du chiffre d'affaires à l'export de 290 millions d'euros. De son côté, le chiffre d'affaires domestique passe de 57 millions à 90 millions. "Mécaniquement, la part que représente l’export dans le chiffre d’affaires général recule et retrouve un niveau similaire à l’année 2016 en avoisinant les 70%", détaille le rapport. "Nous assistons donc à un début de rééquilibrage du marché avec le démarrage des premiers projets en France tout en conservant l’indispensable relais de croissance que représente l’export pour la filière française." La construction des parcs de Saint-Nazaire, de Fécamp et Saint-Brieuc, qui ont récemment obtenu leur décision finale d’investissement, devrait bientôt débuter.
Moins d'investissements, mais davantage d'emploi

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À l'inverse, les investissements augmentent considérablement, de 70 %. Ils passent de 265 millions d'euros en 2018 à 452 millions en 2019. Des chiffres également très positifs au niveau de l'emploi. La filière a passé le cap des 3000 emplois, avec une hausse des effectifs de 47% en un an (3064 emplois comptabilisés au total).
Les Pays de la Loire (36 %), la Normandie (17 %) et l'Île-de-France (15 %) sont les trois régions qui concentrent la majorité de ces créations de postes. Les Pays de la Loire réalisent aussi le plus gros du chiffre d'affaires (32 %), suivi par la Nouvelle-Aquitaine (27 %) l'Île-de-France (13 %) et la Normandie (12 %). L'Île-de-France passe première dans les investissements (34 %), devant les Pays de la Loire (24 %) et la Normandie (17 %).
Un hydrolien encore très minoritaire, mais en progression
En 2019, plus de la moitié des entreprises françaises des EMR dit avoir réalisé des activités en lien avec l'éolien. Une part qui chute de moitié en ce qui concerne l'hydrolien. Ce dernier mobilise malgré tout 30 emplois supplémentaires, soit une hausse de 36 % par rapport à 2018.
En conséquence, l'éolien, posé ou flottant, concentre en 2019 la quasi-totalité du chiffre d'affaires réalisé (96 %). L'hydrolien ne représente que 2 % du total, la faute à un manque de marchés, avance le rapport. Forcément, les chiffres se ressemblent concernant la répartition des investissements. L'éolien concentre 85 % d'entre eux, l'hydrolien seulement 6 %. Cependant, avec 3 millions de plus en 2019, les financements de cette dernière technologie bondissent de 206 %.
La Nouvelle-Aquitaine et la Bretagne s'intéressent à l'hydrolien
Du côté des organismes de recherche et de formation, la quasi-totalité d'entre eux précisent se positionner en faveur de l'éolien. 56 % affirment également s'orienter vers l'hydrolien. Dans l'emploi, les équivalents temps plein sont essentiellement liés à l'éolien (62 %), avec tout de même presque un cinquième d'entre eux (18 %) tournés vers l'hydrolien.
Le constat est similaire au niveaux des régions, qui s'intéressent massivement à l'éolien. Cependant, on notera que plus de 40 % des entreprises de Nouvelle-Aquitaine et de Bretagne disent se positionner en faveur du développement de l'hydrolien. Des taux qui baissent à 30 %, voire 20 % ailleurs en France.



