Voilà un rapport, un peu caché, qu’il faudra bien avoir bien en tête lors des discussions parlementaires autour de la loi climat et résilience, mais aussi lors de l’élaboration de la première loi de cadrage énergétique de 2023. Fin 2020, l’Agence de la transition énergétique (Ademe) a publié la synthèse de son étude "Vers l’autonomie énergétique des ZNI". Par ZNI il faut comprendre « zones non interconnectées » au grand réseau électrique continental, c’est-à-dire Mayotte, la Réunion, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et la Corse.
Ce rapport conclut que l’autonomie énergétique des Outre-mer en 2030, inscrite dans la loi la Transition énergétique pour la croissance verte de 2015, ne sera pas atteinte. Pire, même l’autonomie électrique ne serait plus d‘actualité. Au mieux, ces territoires visent 100 % d’électricité renouvelables, mais en utilisant massivement de la biomasse importée, comme à la Réunion où Albioma n’a pas d’autre solution pour sortir du charbon ou en Guyane, ou EDF ne pourra pas alimenter la nouvelle centrale de Larivot avec de la biomasse liquide 100 % locale.
Ces mix électriques 100 % renouvelables seraient même difficilement atteignables d’ici à 2030, prévient l’Ademe, par manque de capacités de stockage, d’adaptation du réseau et surtout de révision de la fiscalité. Elles sont indispensables pour accompagner un virage vers le tout véhicule électrique, indispensable pour avoir une chance d’atteindre la neutralité carbone, à défaut d’une autonomie énergétique.
Même si les différentes programmations pluriannuelles de l’énergie (PPE) spécifiques à ces territoires, en cours de réécriture, en tiennent compte, la loi de 2015 ne sera pas appliquée. Fixer d’ambitieux objectifs climatiques par la loi, c’est bien. Encore faut-il ne pas oublier d’assurer le service après-vente en s‘assurant que les décrets de son application permettent de les atteindre. Ce que les PPE d’outre-mer, à l’évidence, ne permettent pas.



