La préfecture suspend l'activité du méthaniseur à l'origine de la pollution dans le Finistère

Le 19 août, le débordement d'une cuve de digestat, une matière organique qui sert de fertilisant pour les terres agricoles, dans une centrale de biogaz appartenant à Engie, sur la commune de Châteaulin (Finistère), a provoqué des restriction en eau potable pour 180 000 personnes. Après un retour à la normal lundi 24 août, le préfet a décidé de suspendre l'activité de l'usine le temps de l'enquête.  

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La centrale biogaz de Kastellin à Châteaulin, le 20 août
Le débordement d'une cuve de la centrale biogaz de Kastellin, à Chateaulin dans le Finistère, a entraîné des restrictions d'eau potable pour 50 communes de Bretagne jeudi 20 août.

Le préfet du Finistère a décidé de suspendre les activités de la centrale de biogaz de Kastellin (Finistère), le temps que l'enquête administrative de la Dreal (Direction Régionale et Interdépartementale de l'Environnement et de l'Energie) soit terminée après la fuite qui à privée d'eau potable 180 000 personnes dans le Finistère. "Après la gestion de crise, vient le temps des explications, a-t-il déclaré au Télégramme.Et elles commencent par cette enquête administrative que j’ai ordonnée et qui sera faite par la Dreal dans un délai très rapide. Durant ce laps de temps, un arrêté, qui débute ce mardi, suspendra l’exploitation."

Lundi 24 août, les 50 communes impactées par la pollution de l'Aulne et privées d'eau potable depuis le 20 août ne l'étaient plus. "La sécurité sanitaire de l’eau distribuée sur l’ensemble du territoire impacté est garantie et l’arrêté préfectoral de restriction des usages de l’eau a donc été levé ce jour par le préfet", a indiqué la préfecture dans un communiqué. 

Un pic de concentration à l'ammoniaque après le débordement d'une cuve d'un méthaniseur  

"Le préfet du Finistère rappelle qu’il est recommandé de ne pas utiliser l’eau du robinet pour la boisson et le lavage des légumes et des fruits consommés crus. Elle peut toutefois être utilisée pour les autres besoins sanitaires et pour la cuisson des aliments. L’eau portée à ébullition peut être consommée" indiquait la préfecture dans un communiqué le 20 août. Cette restriction d'eau potable, qui a touché 20 communes du Finistère, faisait suite au débordement d'une cuve de digesat, une matière organique utilisée dans les méthanisateurs pour produire du biogaz, à la centrale de Kastellin, située à Châteaulin (Finistère). Des mesures réalisées dans la partie aval de l'Aulne, un fleuve de 144 km qui se jette dans la rade de Brest, avait montré un pic de concentration en ammoniaque.

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La fuite, détectée dans la nuit de mardi à mercredi 19 août, avait "conduit l’exploitant à mettre à l’arrêt l’usine dans la nuit", relevait la préfecture. 

180 000 personnes privées d'eau potable

Partie les communes touchées, on trouvait notamment Châteaulin (5 774 habitants), Quimper (63 000 habitants) et la très touristique presqu'île de Crozon. 

Ouverte en 2018 par VOL-V Biomasse, spécialiste de la production de gaz à partir de matière organique, l'exploitation avait été rachetée par Engie Bioz en 2019, filiale du géant des énergies français née de la fusion des sociétés VOL-V Biomasse et Engie Biogaz. Le site de trois hectares traite environ "30 000 tonnes de déchets organiques et matières organiques par an (essentiellement lisier, fumier, déchets végétaux sous-produits issus des activités agroalimentaires)", selon le groupe, et produit 2 250 000 m3 de biométhane, soit 22 GWH/an, l’équivalent de la consommation de gaz de 6 100 personnes.

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