En avril, le marché automobile français n'a toujours pas retrouvé son niveau de 2019

Le niveau abyssal des ventes au premier semestre 2020 semble derrière les constructeurs automobiles. Mais avec 140 428 immatriculations enregistrées en avril, le marché français reste inférieur à son niveau d’avant crise.

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Peugeot dénombre 26 143 livraisons en avril, en baisse de 23,4% par rapport à avril 2019.

Sans difficulté, les constructeurs ont vendu plus de voitures en avril 2021 qu’en avril 2020. Mais le marché automobile français reste bien inférieur au niveau précédant la crise sanitaire. Avec 140 428 voitures particulières neuves arrivant sur les routes, les immatriculations restent inférieures de 25,4 % par rapport à avril 2019, selon des données dévoilées samedi 1er mai par le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA).

Nouvelle méthode de calcul

À noter : le CCFA a changé sa méthode de calcul. Traditionnellement, l’organisation compare les ventes sur un an. « L’année 2020 ayant été particulièrement atypique avec les confinements liés au Covid-19, il nous est apparu pertinent de vous proposer un calcul des variations par rapport à une année “normale” », explique le CCFA. Les nombres qui suivent prennent donc pour base de comparaison avril 2019 au lieu d’avril 2020.

Entre avril 2020 et avril 2021, les immatriculations affichent effectivement une augmentation de… 568,8% ! « La base de comparaison d’avril 2020 est inutilisable, avec 20 997 immatriculations et un marché totalement à l’arrêt », tempère le CCFA. Les pénuries de puces automobiles et les comportements de précaution des consommateurs continuent de ralentir le secteur. Sur les quatre premiers mois de 2021, le marché enregistre 582 219 immatriculations. Un nombre en baisse de 21,5% par rapport à la même période en 2019. 

PSA et Renault dans le rouge

Peu d’entreprises ont retrouvé leur niveau d’avant Covid-19. Le nouvel ensemble Stellantis qui regroupe PSA et Fiat Chrysler Automobiles (FCA) enregistre 50 181 immatriculations en avril (-30,6%). Côté français, Peugeot dénombre 26 143 livraisons (-23,4%) ; Citroën 14 129 (-35,4%) ; Opel 3 865 (-41,6%) ; DS 1 850 (-5%). Côté italo-américain, Fiat compte 3 470 immatriculations (-46,4%) et Jeep 668 (-30,7%). Leader du marché automobile français, Stellantis voit sa part décrocher de 38,4%, à 35,7%.

Le groupe Renault fait moins bien que Stellantis, avec 29 935 immatriculations, en baisse de 32,5%. Dans le détail, la marque Renault pèse 21 841 unités (-30,6%) ; Dacia 8 025 (-35,8%) ; Alpine 69 (-80,4%). Deuxième sur le marché français, le groupe Renault affiche une part en retrait de 2,3 points, à 21,3%.

Sur la période janvier-avril, les deux groupes accusent le choc de la crise. Stellantis ralentit de 25,3% avec 209 173 immatriculations cumulées. Le groupe Renault dépasse seulement la barre des 100 000 unités avec 128 465 livraisons cumulées, en repli de 29,7%.

Volkswagen résiste un peu mieux

Le premier importateur du marché, le groupe allemand Volkswagen, se contracte de 15,8% (20 509 voitures). Sa part de marché sort renforcée à 14,6% (+1,7 point). Toujours en Allemagne, BMW chute de 3,7% (7 131 unités) et Daimler de 17,3% (5 005 véhicules).

Le groupe américain Ford souffre davantage, avec 3 632 livraisons, en recul de 43%. Le conglomérat indien Tata, propriétaire du britannique Jaguar Land Rover, enregistre une contre-performance de 15,6% avec 884 voitures.

Volvo et Hyundai se relèvent

Deux fabricants font exception dans ce secteur au ralenti. Le suédois Volvo (détenu par le groupe chinois Geely) progresse de 6,4% avec 1 625 immatriculations. Il s’agit de la meilleure performance sur le marché en avril. Le sud-coréen Hyundai affiche également une petite croissance de 1,3% avec 7 603 véhicules immatriculés.

Les constructeurs japonais affichent des performances contrastées. Toyota tente de résister avec 8 621 unités (-3,1%). Suzuki est en repli de 33,6 % (1 767 voitures). Le partenaire japonais de Renault, Nissan, enregistre quant à lui des immatriculations en chute de 41% (1 967 unités). Le troisième membre de l’alliance, Mitsubishi, réalise une nouvelle fois la pire performance du marché avec des livraisons en dégringolade de 81,3% pour seulement 101 voitures écoulées en France.

« Le parc poursuit son verdissement »

En parallèle, la part des véhicules électriques dans les ventes reste relativement stable : elle s'élève à 6,9% sur la période janvier-avril 2021 (40 037 unités), contre 7% sur la même période de 2020. « Le contexte est favorable pour le marché occasion et le recours toujours plus grand aux formules locatives pour les particuliers. Le parc poursuit son verdissement avec les véhicules hybrides portés par les "mild" hybrides », note le CCFA. La part des hybrides rechargeables a plus que doublé. Sur la période janvier-avril 2021, elle atteint 7,3% (42 368 unités) contre 2,6% en janvier-avril 2020.

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