L’expression résume à elle seule le bouleversement en cours : la voiture est devenue un ordinateur sur roues. Sous le capot, le logiciel gère des fonctions critiques liées au freinage ou au moteur. Dans les modèles électriques, il veille au bon fonctionnement de la batterie. A bord, il permet aux utilisateurs d’accéder à leurs itinéraires ou chansons préférées via le système d’info-divertissement. Selon les experts, les générations actuelles de véhicules embarquent déjà près de 100 millions de lignes de code. Un chiffre colossal. La voiture autonome, et avant elle les systèmes d’aide à la conduite de plus en plus sophistiqués, ne feront qu’accroître cette place du logiciel. Interrogé par Le Monde, le responsable du secteur automobile pour le cabinet PwC, José Baghdad, estime qu’il représentera 60% de la valeur d’un véhicule d’ici à 2030, contre 20% aujourd’hui.
Un tremblement de terre sur la planète automobile.
L’évolution est d’autant plus délicate à gérer que le passage à la voiture électrique déplace déjà la valeur du moteur thermique aux batteries. Mobilisés sur les deux fronts, les constructeurs tentent de s’imaginer un avenir en as du logiciel. Pour éviter que la majorité de la valeur d’une voiture demain ne file entre les mains de tiers – en tête, les GAFAM –, chacun tente de se doter de sa propre force de frappe.
Le bulldozer Volkswagen

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Mars 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
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Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
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27 Mars 2026
Gazole France HTT€/litre
Sans surprise, les efforts parmi les plus spectaculaires sont à observer Outre-Rhin, dans la commune de Wolfsburg, à une petite centaine de kilomètres de Hanovre dans le Land de Basse-Saxe. Depuis son QG allemand, le géant Volkswagen a créé début 2020 une division indépendante, Car.Software. Cette initiative doit permettre à Volkswagen de faire passer de 10% actuellement, à 60% en 2025 la part des logiciels conçus en interne.
Les 10 000 experts qui devraient travailler terme dans cette structure auront notamment pour mission de mettre au point le futur système d’exploitation « vw.os », commun à l’ensemble du groupe Volkswagen – qui possède un portefeuille d’une dizaine de marques, parmi lesquelles Audi, Skoda mais aussi Porsche. 7 milliards d’euros devraient être investis d’ici à 2025 pour accompagner la division Car.Software dans ses travaux.
Et l’aiguillon Tesla
Renault, de son côté, a préféré mettre en place un écosystème ouvert pour plancher sur les systèmes véhicules, les systèmes pour la mobilité ainsi que les écosystèmes d’énergie. La Software République lancée avec Atos, Thales, Dassault Systèmes et STMicroelectronics devrait s’enrichir d’autres membres pour plancher sur ces sujets. Le directeur général de Renault, Luca de Meo, espère voir rapidement des milliers d’experts plancher sur la mobilité intelligente dans ce écosystème.
Des experts dans le numérique que l’industrie automobile va devoir parvenir à attirer. Pas évident face à l’attraction qu’exercent les boîtes de la tech. Mais « l’automobile est redevenue un secteur attractif, justement parce qu’elle intègre ces enjeux autour du logiciel et de l’électronique », estime Laurent Petizon, directeur général France d’AlixPartners. Une voie tracée par Tesla, modèle et grand rival des groupes auto traditionnels dans leur grande révolution en spécialistes du développement logiciel.



