Déjà 391 exploitants agricoles ont obtenu le label bas carbone, a-t-on appris lors du Salon de l’agriculture, qui se tient à Paris du 22 février au 1er mars. Une bonne nouvelle pour l’agriculture, mais aussi pour l’industrie. En effet, ce label, créé par un décret paru au journal officiel le 29 novembre 2018 à l’initiative du ministère de la Transition écologique et solidaire et de l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE), va permettre à des agriculteurs engagés dans une réduction de leurs émissions de CO2 de vendre des crédits carbone à des entreprises qui veulent compenser leurs émissions de gaz à effets de serre résiduelles.
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Ce sont celles qu’ils n’auront pas réussi à effacer malgré leurs efforts pour améliorer l’efficacité énergétique, l’électrification carbone de leurs procédés et l’achat d’énergies renouvelables.
S'adresser à France Carbon Agri Asso

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Comment ? En s’adressant France Carbon Agri Association. C’est elle qui aide les exploitations agricoles à mettre en œuvre la méthodologie Carbon Agri pour évaluer et capitaliser la réduction d’émissions réalisables sur une exploitation. Cette méthodologie a été validée le 30 septembre 2019 pour les éleveurs bovins. Elle est en cours d’adaptation pour les grandes cultures (céréales, colza…) et les haies bocagères.
Négocier avec un exploitant
C’est aussi France Carbon Agri qui va mettre en relation les agriculteurs labellisés avec les entreprises et les aider dans leurs négociations de gré à gré, pour que le second finance les efforts de réduction d‘émissions du premier. Pour l’instant, la base de négociation valorise la tonne de CO2 évitée à 35 euros. Pour l’entreprise, "c’est une prise de risque sur cinq ans", reconnaît Claudine Foucherot, experte du sujet chez I4CE.
Acheter des crédits carbone
Rien ne garantit que les économies d’émission réalisées - qui seront inscrites dans un registre tenu par le ministère de la Transition écologique et solidaire, après traçage et certification par un expert de France Carbon Agri - atteindront bien les évaluations prévues lors de la labellisation bas carbone et qu’elle pourra bien rentabiliser son investissement sous la forme de crédits carbone, qui viendront améliorer son bilan tous les ans.
La Poste pionnière, Kering intéressé
Un risque qu’a pris La Poste. Impliquée dans la mise en place d’un standard français de compensation carbone volontaire, elle a financé dès 2015 les six premiers projets d’exploitation agricoles bas carbone. Pour l’instant, c’est la seule entreprise impliquée, l’autre grand financeur de projets labellisés bas carbone étant la Caisse des dépôts. Mais le géant du luxe Kering est très intéressé, et tient à le faire savoir.



