[Objectif neutralité carbone] La filière agroalimentaire embarque l'amont agricole

L'agroalimentaire est l'un des secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre. Voici comment le secteur tente de réduire son impact... de la fourche à la fourchette.

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Pour assurer sa pérennité, Danone s'attache à protéger l'impluvium des eaux d'Evian.

Souvent pointé du doigt, l’agroalimentaire est l’un des secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre. Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, en 2016, 20 % des émissions françaises étaient liés à l’agriculture et à la sylviculture, auxquels s’ajoutent 2,4 % émis lors de la phase de transformation des aliments. Résultat : un quart de l’empreinte carbone des ménages provient de leur alimentation.

Une proportion qui pousse de plus en plus d’industriels à s’intéresser au sujet. Pionnier, Danone s’est fixé dès 2015 comme objectif de devenir carbone neutre d’ici à 2050. "Aujourd’hui, chacun attend des entreprises qu’elles jouent un rôle de premier plan dans le combat contre le réchauffement climatique. C’est pourquoi nous sommes déterminés à mener une entière transition vers une économie zéro carbone", explique l’entreprise.

Or, comme pour les autres entreprises du secteur, les deux tiers de leur empreinte carbone viennent de la production agricole. Danone a donc dû embarquer son amont agricole dans sa transition. La multinationale ne se contente donc pas de travailler à réduire les émissions de ses usines en misant sur l’énergie verte ou en s’approvisionnant en France dans un rayon de 30 km. Danone s’attache également à transformer les pratiques de ses fournisseurs agricoles pour augmenter la séquestration de carbone dans le sol, éliminer la déforestation de sa chaîne d’approvisionnement et compenser les émissions qui subsistent. Cette stratégie fonctionne. En 2018, Danone avait déjà réduit, en valeur, de 20,3 % ses émissions de CO2.

Labels bas carbone

De bons résultats qui n’impressionnent pas Sojasun. Engagée dans la course au zéro carbone dès 2011, la société de fabrication de desserts au soja s’est équipée d’une éolienne devant son usine de Noyal-sur-Vilaine (Ille-et-Vilaine), puis de panneaux solaires montés sur trackers et d’une chaudière à bois. Sur le front de la logistique, Sojasun est l’une des premières entreprises à faire circuler sa flotte au diester, ce carburant développé par Avril à base de d’huiles de colza et de tournesol. Ces mesures doivent permettre à Sojasun d’être neutre en carbone dès 2021. Et répondre ainsi à une tendance du marché. "Après la vague du bio, nous allons voir émerger une agriculture qui produit moins de carbone et qui le revendique", explique Baptiste Bannier, responsable industrie agri-agro de PWC. Celui-ci croit à l’émergence d’un nouveau label où le coût carbone des produits serait inscrit. "Le carbone présente l’avantage d’être mesurable et de permettre une comparaison facile entre les produits, les filières voire les entreprises", précise l’expert. Il n’est pas seul à y croire. La ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne, a déclaré souhaiter "le développement des labels bas-carbone pour accompagner des agriculteurs qui prennent des risques".

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