Gagner de l'argent en diminuant ses émissions carbone. C'est tout l'intérêt du "label bas-carbone" créé par le ministère de la Transition écologique et solidaire avec la collaboration de l’Institut de l’Economie pour le Climat (I4CE) en avril 2019. Cette certification permet en effet aux fermes labellisées pour leurs efforts en matière de réduction de carbone de vendre des crédits aux entreprises qui souhaitent compenser leurs propres émissions.
"Ce label, c'est un cadre, une garantie de l'Etat pour les acheteurs de crédits carbone sur la qualité des projets et sur le fait qu'ils vont effectivement permettre ces réductions des émissions de gaz à effet de serre", a expliqué la ministre Elisabeth Borne, présente sur le salon de l'Agriculture qui a ouvert ses portes à Paris samedi 22 février.
391 élevages laitiers déjà labellisés

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
A l'heure actuelle, 391 éleveurs dans 54 départements ont déjà obtenu la certification. "Cela représente un potentiel de réduction d'émission carbone de 71 000 tonnes de CO2", explique le ministère dans un communiqué. La comptabilisation des réductions d’émissions de gaz à effet de serre se fait selon la méthodologie CARBON'AGRI qui permet de "capter les réductions d’émissions de GES et le stockage additionnel de carbone en lien avec plus de 40 pratiques bas carbone", précise le communiqué.
Les grandes cultures dans la course
Le secteur des grandes cultures (blé, maïs, oléoprotéagineux et betteraves) qui, selon l'INRAE, présente le plus grand potentiel de stockage de carbone avec 290 millions de tonnes de CO2 captées annuellement par les 14 millions d’hectares des grandes cultures en France, entend également participer au projet.
Le secteur s'est fixé pour objectif de présenter la feuille de route de sa certification d'ici à l'été 2020. Le but étant que ce futur label permette aux exploitations de grandes cultures "de générer 1 million de tonnes de crédits carbone à l’horizon 2025 si la méthodologie grandes cultures et la rémunération le permettent", espèrent les représentants du secteur.
Ventes des crédits carbone
Ces crédits carbones pourront ensuite être vendus aux entreprises qui, à l'image du groupe de luxe Kering ou de La Poste, cherchent à compenser leurs propres émissions. Selon les estimations du ministère, sur une durée de cinq ans, près de 6 000 euros seraient versés à une ferme de 100 bêtes qui réduirait de 20% les émissions gaz à effet de serre.



