Des panneaux solaires passés au régime minceur. Créée en septembre 2022, l’entreprise Heliup conçoit des panneaux photovoltaïques ultra-légers : 5 kg au mètre carré, soit deux à trois fois moins que les modèles classiques et leur structure de pose. Une réduction de poids significative qui rend possible leur installation sur les toitures de bâtiments à charpente métallique, dont l’ossature ne permet pas de soutenir de trop lourdes charges.
«Nous ciblons quatre marchés : les entrepôts logistiques, les magasins de la grande distribution, les édifices des collectivités et ceux du secteur industriel», assure Yannick Veschetti, son président et cofondateur. Selon une étude de l’Ademe datant de 2015, les toitures
industrielles représentent un gisement photovoltaïque de 769 km² en France. «Si on les couvrait toutes, on produirait en théorie 20 à 25% de nos besoins électriques, sans consommer de foncier supplémentaire», contextualise cet ancien ingénieur du CEA, titulaire d’un doctorat en énergie solaire.
Un potentiel qui a suscité l’intérêt des investisseurs. La jeune entreprise située au Bourget-du-Lac (Savoie) vient d’annoncer une levée de fonds de 10 millions d’euros, auprès de Starquest Capital, EIT InnoEnergy, BNP Paribas Développement, le Groupe Idec ainsi que de Bpifrance et du plan d’investissement France 2030.

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Trois ans de recherche et développement
Ce tour de financement, composé pour moitié d’apports en capitaux propres et pour moitié de dettes et de subventions, servira à développer une ligne industrielle de production d’une capacité initiale de 500 000 m² de panneaux solaires par an. Elle devrait être opérationnelle d’ici juin 2024. Une deuxième usine, cinq fois plus importante, devrait voir le jour d’ici 2027 sur un autre site, toujours dans la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Entre-temps, Yannick Veschetti et ses équipes (6 personnes aujourd’hui, le double à la fin de l’année) devront apporter la preuve de la viabilité commerciale de leur technologie, protégée par deux brevets en cours de dépôt. «On a fait en sorte que ce panneau puisse être non seulement léger, mais également durable», précise le chercheur savoyard. Dit autrement, qu’il puisse être suffisamment robuste face aux chocs mécaniques (comme de la grêle) ou aux risques de vieillissement (humidité, écart thermique etc.).
Un travail qui aura nécessité trois ans de recherche et développement au sein de l’Institut national de l’énergie solaire (Ines), une composante du CEA basée à quelques encablures du lac du Bourget, dont est issu Heliup. Les panneaux contiennent ainsi une fine plaque de verre afin de protéger les cellules photovoltaïques, mais ne nécessitent plus d’acier ou d’aluminium pour la structure. Ils sont, en effet, collés à même une membrane d’étanchéité sur les toits, ce qui facilite grandement leur installation et réduit les coûts associés.
Si leur performance est quasi équivalente aux équipements photovoltaïques classiques, le prix, lui, reste supérieur. Le coût du Made in France alors que la quasi-intégralité des panneaux solaires européens sont aujourd’hui fabriqués en Chine. «Nous préférons regarder le prix de l’énergie produite avec notre concept, relativise Yannick Veschetti. En bout de chaîne, l’investissement reste rentable pour les clients».



