L’initiateur de giga-usines EIT InnoEnergy lève 140 millions d’euros pour booster ses start-up

Promoteur de projets de giga-usines et de start-up de l’énergie à l’échelle européenne, l’EIT InnoEnergy annonce ce mardi 5 septembre avoir bouclé un tour de table d'un montant de 140 millions d’euros. De nouveaux industriels rejoignent sa base actionnariale.

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Vision d'artiste de l'usine de Gravithy
L'EIT InnoEnergy porte trois projets de giga-usines en France dont celui de GravitHy à Fos-sur-Mer.

Déjà 200 start-up en portefeuille, mais l’EIT InnoEnergy ne compte pas s’arrêter là. Créée en 2010, cette société européenne privée qui émane de l’Institut européen d’innovation et de technologie annonce, ce mardi 5 septembre, une levée de fonds d’environ 140 millions d’euros. Une grande partie de l’argent amassé sera fléché vers les start-up de l’énergie.

Dans un contexte difficile pour le financement  des jeunes pousses, « nous sommes ravis de cette levée qui témoigne de la performance du modèle d’InnoEnergy », se félicite Karine Vernier, sa directrice France, auprès de L’Usine Nouvelle. A travers cette levée, l’EIT InnoEnergy voit son nombre d’actionnaires passer de 29 à 35, parmi lesquels on trouve de nombreux industriels français et européens.

Renault, CMA CGM via son fonds Pulse, le spécialiste suédois de la gestion des déchets Stena Recycling, les banques Société Générale et Santander, ainsi que l’entreprise de formation NIIT, font partie des nouveaux actionnaires. Ils sont accompagnés dans ce tour de table par des actionnaires existants comme Schneider Electric, Volkswagen ou encore Engie.

Les raisons de Renault

« Ces actionnaires montent au capital parce qu’ils ont un intérêt stratégique à le faire, c’est un message important de cette levée de fonds », souligne Karine Vernier. Renault, par exemple, est fortement concerné par l’hydrogène et les batteries, deux des trois domaines phares dans lesquels l’EIT InnoEnergy investit, avec l’énergie photovoltaïque. « Mais ce n’est pas leur seule motivation. Renault s’intéresse aussi à la mobilité propre du dernier kilomètre, à l’acier décarboné pour les véhicules, au recyclage des batteries ou aux entrepôts décarbonés », précise Karine Vernier. Autant de secteurs où l'EIT InnoEnergy a déjà investi. 

La Société Générale, elle, pourrait notamment trouver un intérêt à sa participation dans l’EIT InnoEnergy pour sa filiale de leasing ALD Automotive, selon la directrice : « Nos domaines d'intervention comme la mobilité et les nouveaux carburants peuvent intéresser cette filiale de manière très opérationnelle. »

Faciliter le développement des start-up outre-Atlantique

Dans le détail, 40% des 140 millions d’euros seront alloués à l’investissement dans des start-up dans leurs premiers stades de développement. 40% supplémentaires irrigueront les jeunes pousses déjà présentes dans le portefeuille de l’EIT InnoEnergy. De quoi permettre à cette structure de pallier une de ses faiblesses qui était, jusqu'ici, de ne pas pouvoir accompagner certaines sociétés bien valorisées jusqu’à la série A (premier tour de table après l’amorçage). Le solde servira pour moitié à faciliter l’implantation de start-up aux États-Unis – l’EIT InnoEnergy ayant un bureau à Boston –, mais aussi à faciliter l’arrivée de jeunes pousses américaines en Europe.

Les derniers 10% financeront des projets de giga-usines à l’échelle européenne. L’EIT InnoEnergy soutient déjà trois projets de ce type en France avec Verkor dans les batteries, GravitHy dans l’acier décarboné et Holosolis dans les cellules et modules photovoltaïques. Sa société FertigHy va construire un premier site d’engrais azotés décarbonés en Espagne et « les discussions sont bien avancées » sur une autre implantation éventuelle en France, dixit Karine Vernier, bien que d’autres pays soient aussi dans la course.

Deux nouveaux investissements dans des start-up françaises

Fin juin dernier, l’EIT InnoEnergy a annoncé avoir investi dans deux nouvelles start-up françaises au premier semestre. La première, Heliup, est une spin-off du CEA qui conçoit des panneaux photovoltaïques ultra-légers adaptés à certains types de bâtiments qui ne peuvent en accueillir aujourd’hui. La seconde, Incitis, développe un camion hydrogène adapté à l’environnement urbain.

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