L’accélérateur européen EIT InnoEnergy a encore frappé. Lors du sommet Choose France organisé à Versailles le 15 mai, la construction d’une gigafactory de modules solaires à Hambach (Moselle) a été annoncée par l'entreprise Holosolis, détenue par l'accélérateur, le groupe immobilier IDEC et le fournisseur d’énergie solaire TSE. Estimé à 710 millions d’euros, le projet devrait voir le jour en 2025.
«Nous sommes une structure européenne qui travaille sur l’accélération de la transition énergétique au sens large, en investissant dans les batteries et la mobilité, entre autres, explique Karine Vernier, directrice France de l’accélérateur, à l’Usine Nouvelle. Notre objectif est de rendre l’Europe plus souveraine en matière d’énergie». Dans son portfolio, EIT InnoEnergy compte également la future usine de GravitHy, la gigafactory Northvolt, et celle de Verkor, où le groupe IDEC a également investi. «Notre but est de créer un écosystème avec nos investissements, pour générer des activités qui peuvent se répercuter positivement sur nos métiers», expose Patrice Lafargue, PDG du groupe.
Une implantation avantageuse
Le choix du territoire de Hambach, où était prévue l’usine de Rec Solar avant l’abandon du projet, pour la construction du site n’est pas un hasard. «Nous avons mené une consultation à l’international pour trouver un emplacement, relate Karine Vernier. Nous avons choisi le site de Rec Solar car il y a un délai réduit pour l’obtention du permis, comme l’étude quatre saisons et la consultation publique ont déjà été menées. Il y a une acculturation au photovoltaïque dans la région qui nous permet d’aller plus vite.»
La France constituait également un atout pour la désignation du lieu de la future gigafactory. «La France a fourni un immense soutien stratégique et financier. On y a vu une véritable volonté d’industrialiser le photovoltaïque», souligne la directrice France d'EIT InnoEnergy. Un avis partagé par Patrice Lafargue. «C'est une chance que tous ces ensembles industriels intègrent notre territoire, et ça se traduit dans une progression de nos activités chaque jour», ajoute-t-il. L’usine devrait produire 5 gigawatts crête de modules photovoltaïques dès 2027. Elle fournira, entre autres, le marché de l’agrivoltaïsme, dont TSE est un acteur majeur. «Nous serions très contents d’être clients de cette usine», déclare Pierre-Yves Lambert, DG de TSE.
La prochaine étape, selon Karine Vernier, est la clôture d’une levée de fonds qui permettra de financer le «design papier» de l’usine, en juin. «Nous cherchons des investisseurs principalement privés, qui seront des partenaires financiers et stratégiques», indique-t-elle. Holosolis n’a pas seulement besoin de fonds, mais de main d’œuvre. «Nous allons recruter 20 profils dans les trois prochains mois. Des acheteurs, des chefs de projet environnementaux, des ingénieurs procédés, entre autres», énumère la directrice. L’entreprise vise les 1 700 emplois à l’horizon 2027, dont la «majorité sera recrutée dans la région Grand Est», notamment grâce à un partenariat avec Pôle Emploi / France Travail.



