Le groupe se met en ordre de bataille pour affronter l’ouverture à la concurrence dans les transports publics. Premier séisme, la fin de son monopole sur les bus à Paris et en proche banlieue est prévue fin 2024. Au total, 18 000 salariés, représentant 40 % de l’effectif du groupe, sont concernés.
Si Catherine Guillouard, la PDG de la RATP, qui s’exprimait le 26 mars devant l’Association des journalistes des transports et de la mobilité, sait qu’elle ne pourra pas conserver toutes les lignes franciliennes, elle entend bien les défendre. Son arme dissuasive est la filiale CAP Ile-de-France, qui répondra aux 25 appels d’offres.
La RATP, qui souhaite montrer qu’elle a plusieurs cordes à son arc, compte bien se mêler à la bagarre sur le marché des trains régionaux. En septembre, elle s’est associée à Getlink pour créer Régionéo, une coentreprise destinée à répondre aux appels d’offres sur les TER. « Nous sommes préqualifiés sur les lignes du Grand Est », se réjouit Catherine Guillouard.
À l’international, RATP Dev doit poursuivre son développement et conserver ses positions. « La moitié des 20 000 salariés de cette filiale sont en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Dans trois ans, ils seront 13 000. Et nous regardons aussi l’Asie, notamment Singapour, pour répondre aux appels d’offres sur deux lignes de métro avec ComfortDelGro Transit. »
C’est avec cette entreprise et Alstom que RATP Dev a créé une autre coentreprise pour candidater à l’exploitation et à la maintenance des lignes 16 et 17 du Grand Paris Express. Enfin, RATP Capital Innovation, sa filiale d’investissement et d’amorçage, a signé un contrat avec Chronopost et Amazon pour la logistique urbaine. Ces deux entreprises pourront utiliser quatre dépôts de bus dès cette année et pour quatre ans.



