La Lune attendra un an de plus. L’alunissage de la mission habitée Artemis 3, initialement prévu pour la fin 2025, est repoussé à septembre 2026, a indiqué la NASA mardi 9 janvier. Cette mission doit marquer le retour de l’humain sur la Lune, plus d’un demi-siècle après la dernière mission habitée Apollo 17. Le précurseur de cette mission d'alunissage, Artemis 2, a également été retardé et est désormais prévu en septembre 2025, a indiqué l’agence spatiale américaine – la mission était initialement prévue fin 2024. La mission de dix jours prévoit l'aller-retour de quatre astronautes autour de la lune à bord de la capsule Orion de Lockheed Martin.
Le nouveau calendrier «tient compte des difficultés de développement très réelles rencontrées par nos partenaires industriels», a déclaré Amit Kshatriya, responsable de la stratégie d'exploration de la Lune et de Mars à la NASA, selon des propos rapportés par Reuters. Ce retard concerne notamment l’alunisseur de la société aérospatiale SpaceX. Celui-ci sera une version modifiée du vaisseau Starship. Or, les deux premiers vols de Starship, monté sur son propulseur Super Heavy, se sont soldés en 2023 par des explosions. Un nouveau vol test devrait avoir lieu en février.
Test de la capacité d’amarrage de Starship
Le voyage des astronautes de la NASA vers la Lune sera un relais entre plusieurs vaisseaux spatiaux, qui seront d'abord lancés depuis la Terre à bord d'Orion, puis transférés dans l'espace vers le système Starship de SpaceX pour se rendre sur la surface lunaire et en revenir. Le lanceur géant doit encore démontrer qu'il peut s'amarrer et se ravitailler à d'autres vaisseaux en orbite.
Jessica Jensen, vice-présidente de SpaceX chargée des opérations et de l'intégration des clients, a indiqué qu'environ 10 lancements de Starship seront nécessaires pour remplir le Starship «ravitailleur» qui servira de station de ravitaillement orbitale. Un alunissage sans équipage d’Artemis 3 sera également testé.
Enquête sur la capsule spatiale Orion
La NASA souhaite en sus approfondir son enquête sur le bouclier thermique d'Orion, la coque qui protège les astronautes de la chaleur de la rentrée dans l'atmosphère terrestre lors de la mission Artemis 2. Lors du vol d'Artemis 1, de la matière calcinée s'était accidentellement libérée. Les batteries du système d’éjection et le système électrique du vaisseau spatial figurent également dans le viseur des enquêteurs de l’agence spatiale des États-Unis.
La capsule Orion, construite par Lockheed Martin, a été lancée pour la première fois dans l'espace en novembre 2022, lors de la mission inhabitée Artemis 1 de la NASA. La mission visait à tester le module sans équipage et marquait le premier vol de la puissante fusée Space Launch System de l'agence.



