Alors que les Américains viennent de renoncer à une grande partie de leur programme lunaire, la Chine, elle, veut y installer une centrale nucléaire. Objectif : électrifier la Lune pour y bâtir une base habitée dès les années 2030. C’est ce qu’a annoncé Pei Zhaoyu, ingénieur en chef de la mission Chang’e-8, fin avril 2025.
La centrale ferait partie intégrante de la Station Internationale de Recherche Lunaire (ILRS), un projet sino-russe lancé en 2021, qui doit permettre une présence robotique permanente autour de 2030 pour préparer l’arrivée définitive de l’Homme vers 2035. Si le nucléaire semble radical, c’est parce que la Lune a des nuits de 14 jours et des températures extrêmes. Les panneaux solaires ? C’est très bien en journée, mais une fois la nuit tombée… l’atome s’avère utile pour continuer d’alimenter la future base lunaire. Et qui dit nucléaire dans l’espace, dit bien sûr Russie, héritière de la recherche soviétique sur le sujet. Pour Wu Weiren, architecte du programme lunaire chinois, Moscou a même une longueur d’avance sur Washington.
Une mission test en 2028
La centrale nucléaire n’a pas été formellement confirmée, mais son inclusion dans une présentation officielle à 17 pays, à l’occasion de la mission Chang’ e-8, est perçue comme un feu vert implicite. Prévue en 2028, elle doit permettre tester tout ce qu’il faut pour une future base lunaire : l’extraction d’oxygène du régolithe, la fabrication de briques à partir des matériaux locaux et la production d’énergie. Un réacteur nucléaire modulaire de petite taille pourrait y être intégré comme prototype. En parallèle, la Chine voit les choses en grand et va embarquer les instruments de dix pays partenaires, dont la Turquie, le Pakistan ou l’Égypte sur notre satellite naturel. De quoi faire rêver Pékin et Moscou d’une "communauté lunaire de destin partagé".




