Le séjour des deux astronautes de la Nasa à bord de la Station spatiale internationale (ISS) ne devait durer qu’une semaine, il s’est finalement prolongé de plus de neuf mois. Sunita Williams et Barry Wilmore ont embarqué, mardi 18 mars au petit matin, à bord d’un vaisseau Crew Dragon de SpaceX depuis le laboratoire orbital. Le vaisseau doit ramener ces deux astronautes américains au large de la Floride ce mardi soir, après 286 jours passés sur la station scientifique.
Depuis leur pas de tir, le 5 juin 2024, les deux astronautes à bord de la navette Starliner de Boeing pensaient pourtant rester huit jours seulement à bord de la station. Mais, deux fuites d’hélium, une défaillance du système de refroidissement et cinq moteurs en panne plus tard, leur vaisseau se révèle incapable de les ramener. La Nasa opte pour récupérer Sunita Williams et Barry Wilmore grâce à la capsule de SpaceX – concurrent de Boeing – chargée de faire la navette entre l’ISS et la Terre… Tous les six mois.
Produire plus de nourriture et de médicaments dans l’espace
«Depuis, le binôme a participé à des centaines d'expériences de recherche et d'entretien de la station, et ont effectué des sorties dans l'espace», explique un porte-parole de la Nasa. Sunita Williams a notamment installé l’équipement dédié à une étude du vieillissement de certains matériaux lorsqu’ils sont soumis aux rigueurs de l’espace – notamment aux rayons ultraviolets solaires. L’expérience scientifique, orchestrée par l’Agence spatiale européenne (ESA), vise à favoriser le développement de nouveaux matériaux et capteurs destinés, entre autres, à l’industrie astrochimique et l’astrobiologique.
Plus les astronautes produiront d’aliments et de produits pharmaceutiques dans l’espace, moins les agences spatiales devront passer à la caisse pour envoyer des vaisseaux remplis de médicaments et de nourriture depuis la Terre. Or, fabriquer un yaourt avec des cellules microbiennes perturbées par la microgravité – qui modifie leur croissance et leur structure par rapport à ce que nous connaissons sur Terre – reste une autre paire de manches. Pour améliorer l'utilisation des microbes pour la fabrication de consommables, l’ancienne pilote d’essai de l’US Navy a donc mené une étude sur les effets de la microgravité sur la biofabrication de bactéries et de levures génétiquement modifiées.

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Des microbes sont-ils capables de survivre sur la coque de l’ISS ?
Son collègue Barry Wilmore a planché, lui, sur l’installation d’un appareil d’exercice sportif à bord de l’ISS. Sorte de couteau suisse du sport, le European enhanced exploration exercise device (E4D) permet de combiner dans une seule machine cyclisme, aviron et exercices de résistance. Développé dans le cadre d’un appel à projets de l’ESA, l’appareil vise à lutter contre la perte osseuse et musculaire des occupants de la future station spatiale lunaire Gateway.
Combinaison spatiale enfilée, l’astronaute a également passé au peigne fin la coque extérieure de la Station spatiale internationale à la recherche de micro-organismes. Cette inspection vise à déterminer si certains germes transportés par les habitants de la station se seraient exfiltrés par les évents de la station et auraient survécu aux conditions dantesques de l’espace. Objectif : limiter la propagation de microbes lors des futures missions sur la Lune et sur Mars.
Malgré la longueur de leur séjour, Suni Williams et Barry Wilmore ne parviendront pas à battre le record américain détenu par l’astronaute Frank Rubio. Ce dernier a passé 371 jours à bord de l'ISS en 2023, bien au-delà des six mois prévus initialement, en raison d’une fuite de liquide de refroidissement sur le vaisseau spatial russe censé le ramener. Le record mondial, quant à lui, appartient au cosmonaute russe Valeri Poliakov, qui a regagné la Terre en 1995 après avoir séjourné 437 jours d'affilée à bord de la station spatiale Mir.



