Reportage

La Guyane, l’improbable laboratoire de l’autonomie énergétique

[GRAND FORMAT] La Guyane poursuit un objectif d’autonomie énergétique pour 2030. Soumis à d’extrêmes contraintes écologiques et culturelles, il constitue un étonnant terrain d’innovations dans la biomasse et l’hydrogène.

Réservé aux abonnés
Image d'illustration de l'article
Dans les entrailles du barrage EDF de Petit-Saut.

Nous le savions avant de partir. Un reportage sur la transition énergétique de la Guyane serait ponctué de la visite de chantiers à l’arrêt depuis plusieurs mois, voire années, pour des raisons environnementales, administratives, judiciaires ou de conflit d’usages. Des aléas dus autant à des dossiers mal préparés qu’aux contraintes d’un territoire comptant 96 % de forêts protégées, une biodiversité unique qui fait de chaque parcelle une zone naturelle à préserver et une situation d’archipel énergétique avec un réseau électrique fragile ne reliant que la partie littorale de la région. Les « communes de l’intérieur » étant pour leur part alimentées en fioul par pirogue ou hélicoptère... Mais rien de tel que des contraintes pour innover.

Un archipel énergétique

83 846 km2 dont 96 % de forêts

290 691 habitants (2021) + 3 % par an

3 200 GWh/an d’électricité consommée

250 euros/MWh en coût de production moyen

(Sources : CRE, gouvernement)

 

Dès l’arrivée en Guyane, l’intuition initiale est confirmée. Entre la route qui mène au port crevettier de Larivot et la nationale 1, juste avant le pont qui enjambe la rivière Cayenne en direction de Kourou, le chantier de construction de la nouvelle centrale électrique d’EDF est à l’arrêt depuis juillet 2021, cinq mois après le début des travaux. Hormis une cabane pour le gardien et son chien, une tractopelle pour l’entretien de la parcelle de 16 hectares, un peu de sable et trois vieux conteneurs China Shipping et Cosco posés là pour le stockage de matériel comme on en voit partout en Guyane, c’est le désert. Sous la pluie, Gaëlle Paygambar, la directrice du projet Larivot, nous accueille pourtant tout sourire. Le 7 février, la cour administrative d’appel de Bordeaux (Gironde) a validé l’autorisation de construire la centrale sur ce site. Accordée en octobre 2020, elle avait été annulée en avril 2022 par le tribunal administratif de Cayenne, à la suite d’une action de l’association écologique Guyane Nature Environnement.

La construction de la centrale électrique de 120 MW, avec ses sept turbogénérateurs livrés par le finlandais Wärtsilä, va pouvoir reprendre. Mais pas tout de suite, car « rien ne se construit en Guyane pendant la saison des pluies », rappelle la cheffe du projet, une ingénieure mécanique diplômée de l’Ensma (Poitiers) convertie à la bioénergie. Les engins de chantier ne reviendront qu’en juillet. Avec les retards, Larivot n’entrera donc en service qu’en 2027, au mieux. Or elle est indispensable, selon EDF, pour absorber les pointes de consommation de l’agglomération de Cayenne, où se concentrent 50 % des 285 000 habitants de la Guyane, et surtout remplacer la centrale thermique historique au fioul lourd de Dégrad-des-Cannes, vieille de plus de quarante ans et qui devait impérativement fermer fin 2023. EDF va donc devoir prolonger la vénérable usine « au moins de trois ans », au prix de nouveaux investissements « de plusieurs dizaines de millions d’euros » sur le circuit de traitement des fumées, explique Martin Voisin, le directeur d’EDF SEI Guyane, qui gère le réseau et les unités de production électrique historique comme le barrage de Petit-Saut et la centrale photovoltaïque de Montjoly jouxtant Dégrad-des-Cannes. Sous la pluie, une fumée noire s’échappe avec paresse de l’une des quatre cheminées rouge et blanc de cette dernière centrale, comme pour marquer l’urgence des travaux.

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

Gaëlle Paygambar, directrice du projet Larivot chez EDF PEI


« L’investissement pour Larivot est de l’ordre de 500 millions d’euros, dont 130 millions contractés auprès d’entreprises guyanaises. Pour compenser l’impact sur l’environnement, 150 hectares de terrains naturels seront sanctuarisés de l’autre côté de la nationale 1. Une ferme pédagogique à proximité recevra 70 000 euros pour développer un sentier de découverte. Et nous avons électrifié le hameau de Palikour, riverain du site. »

La biomasse reste l'atout vert

Pourtant, EDF l’assure : la Guyane sera le premier territoire français 100 % vert en 2028. Grâce au barrage de Petit-Saut, un peu de solaire et de biomasse, le mix guyanais est déjà à 72 % renouvelable. Mais pour atteindre l’objectif d’autonomie énergétique en 2030 fixé par la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015, EDF a dû promettre en 2019 de faire tourner sa nouvelle centrale de Larivot à la biomasse liquide, à la place du fioul léger prévu initialement. Une première, sauf que l’approvisionnement en biofioul n’est pas sécurisé. En attendant qu’une hypothétique filière de production locale à base de cupuaçu (un fruit d’Amazonie) ne voie le jour, il sera produit « à base d’huile de colza française ou européenne, pour respecter la réglementation de l’UE sur les énergies renouvelables », avance, encore vague, Gaëlle Paygambar.

Même si de nombreux Guyanais considèrent le projet d’EDF à Larivot surdimensionné, la fin du contentieux « détend l’atmosphère ». Et pourrait permettre à EDF d’accueillir plus volontiers les projets de production d’électricité d’origine renouvelable des autres opérateurs. Notamment en matière de valorisation de la biomasse, qui reste l’atout vert de la région, mais aussi son principal défi. Malgré l’omniprésence de la forêt, la ressource en bois énergie et en bois d’œuvre bon marché fait défaut. L’exploitation forestière s’est concentrée sur le bois d’œuvre de luxe, vu les coûts pour le produire et la règle stricte appliquée par l’ONF de ne prélever que cinq tiges à l’hectare tous les soixante-cinq ans. Il a fallu inclure une dérogation dans la réglementation européenne, la Red II, pour que la Guyane puisse exploiter à des fins énergétiques des résidus de l’exploitation de la forêt tropicale, issus du défrichage agricole ou des pistes de l’ONF qui s’avancent de plus en plus en profondeur. Jusque-là, ces bois étaient enfouis voire, pire, brûlés, rejetant dans les deux cas du gaz carbonique et du méthane !

Image d'illustration de l'articlephoto Pascal Guittet
IMG_UN1255305_25 IMG_UN1255305_25

La Guyane est composée à 96% de forêts protégées (photos Pascal Guitet).

Des légumes dopés aux pesticides

La dérogation, dont une extension prévue dans la Red III est déjà dénoncée par l’association Maiouri Nature Guyane, a déclenché la construction de plusieurs centrales biomasses. Notamment une, à Saint-Georges-de-l’Oyapock, la commune frontière avec le Brésil située à 189 km de Cayenne. Un bourg isolé, non raccordé au réseau électrique d’EDF. Parcourir la route sinueuse au cœur de la forêt, mal carrossée par endroits et sans couverture téléphonique sur 150 km, prend près de trois heures. Arrêt au poste de contrôle de la gendarmerie – au milieu de nulle part – compris. Un peu avant Saint-Georges, après 1 km de piste en terre rouge glissante qui mène 20 km plus loin au barrage EDF Saut Maripa actuellement hors service, Djamel Larouci nous accueille. Ce Marseillais, chef de projet du groupe Snef, était venu en 2019 pour construire la centrale Abiodis. Faute de trouver quelqu’un pour diriger la centrale, il est resté. Il a même dû chercher au Brésil la poignée d’opérateurs qui pilote la centrale électrique de 3,6 MW, avec une supervision 4.0 dernier cri, « mais qui ne tourne qu’au tiers de ses capacités », regrette-t-il. Mise en service en octobre 2021, à côté d’une scierie, c’est pourtant la seule source d’électricité de la région. À Saint-Georges-de-l’Oyapock, les projets de développement promis se font attendre...

Sur la route du retour vers la capitale guyanaise, impossible de ne pas faire un crochet par le village de Cacao, où des réfugiés de la communauté Hmong du Laos cultivent depuis les années 1970 les seuls légumes locaux vendus à Cayenne. « Des légumes tellement dopés aux pesticides que l’infirmière locale nous demande de ne pas manger les salades produites ici », expliquent deux ex-forestiers croisés dans le bar du village. Les deux hommes alertent sur l’inadéquation des règles européennes au territoire guyanais et sur la gloutonnerie en bois énergie de la centrale biomasse de Voltalia de 5 MW de Cacao, mise en service elle aussi en 2021, à côté de la plus grande scierie de Guyane. Selon eux, le rebut de la scierie et les résidus de l’ONF ne suffiraient pas à l’alimenter et des contrats de déforestation de parcelles de 120 hectares seraient proposés. Une information difficilement vérifiable. Mais il existe bien une volonté d’augmenter le volume de bois énergie produit et de tripler la surface agricole utile de 30 000 hectares aujourd’hui, confirme la collectivité territoriale de Guyane.

Image d'illustration de l'articlephoto Pascal Guittet
IMG_UN1255305_15 IMG_UN1255305_15

La centrale biomasse de Voltalia  de 5 MW de Cacao a été mise en service en 2021, à côté de la plus grande scierie de Guyane.

Une réserve de bois d'oeuvre 

D’ailleurs, les bois des défriches alimenteront deux autres centrales, dont celle d’Idex, de 5 MW, sur la commune de Montsinéry-Tonnegrande, entre Cayenne et Kourou, à proximité du zoo. Mais la ressource va se tarir. Et, sur place, Idex dit aussi compter sur la défriche agricole et sur la canne énergie, pourtant pas encore cultivée en Guyane, pour continuer à alimenter sa centrale qui entre en service au printemps. « Les cultures énergétiques devraient même représenter 90 % de l’alimentation de site en 2035 », assure Oscar Posada, le directeur opérationnel d’Idex Guyane. Reste à convaincre les agriculteurs. Pour l’heure, sur le site, il faut finir les tests de la broyeuse finlandaise Saalasti et de la chaudière croate Duro Dakovic, replanter sur 1 hectare les orchidées qui se trouvaient sur la parcelle et lancer la construction des ombrières photovoltaïques qui protégeront les grumes déclassées avant leur transformation en plaquettes de bois. C’est une première car, ici, il n’y a pas de scierie.

Pour alimenter ses autres projets biomasses en Guyane, rachetés à Akuo Energy en 2022, Idex compte sur une autre source d’approvisionnement en bois. Nom du projet : Triton. Pour comprendre, direction le barrage hydraulique EDF de Petit-Saut, à 58 km de Kourou vers le sud-ouest. Mis en service en 1994, il fournit 60 % de l’électricité de la Guyane, grâce à un lac de retenue. Le plus grand pour un pays européen mais aussi le plus émetteur de CO2. Ayant noyé 357 km2 des terres non défrichées, qui se décomposent, Petit-Saut émet autant de gaz à effet de serre qu’une centrale à gaz, résume l’Ademe dans un rapport de 2020. Reste qu’à partir de six mètres sous l’eau, l’absence d’oxygène a permis une parfaite conservation des troncs d’arbre, qui pointent un peu partout sur les bords dentelés du lac. Sources de biodiversité en surface, ces pieux sont aussi une réserve de bois d’œuvre. La société Triton Timber, rachetée en 2019 par Voltalia, a obtenu l’autorisation de les exploiter sur les 16 000 hectares du lac, avec des grappins télescopiques robotisés embarqués sur une barge de 20 mètres. La technologie, unique, a déjà été utilisée au Ghana. À deux kilomètres en contrebas du barrage, sur l’ancienne carrière de pierre, la construction d’une scierie et d’une centrale électrique biomasse de 5 MW pour valoriser ces bois noyés a d’ailleurs débuté. Mais ils n’utiliseront pas l’intégralité des 150 000 m3 de bois extraits par an. Tant mieux, car le Centre spatial de Guyane (CSG) à Kourou, alimenté principalement par Petit-Saut, et donc avec une électricité renouvelable mais carbonée, va en avoir besoin pour verdir son bilan carbone.

Image d'illustration de l'articlephoto Pascal Guittet
IMG_UN1255305_21 IMG_UN1255305_21

Le chantier de la scierie Triton débute à 2 km de Petit-Saut.

De l'hydrogène vert avec du solaire

Depuis 2018, le Centre national d’études spatiales (Cnes) mène un projet de 180 millions d’euros pour construire sur son site, d’ici à 2025, deux centrales photovoltaïques et deux unités biomasses en cogénération, opérées par Idex, pour la production d’électricité et de froid. Autre projet innovant dans les tuyaux : Hyguane, qui consiste à produire de l’hydrogène vert avec du solaire. De quoi alimenter une flotte de bus de la commune de Kourou, ainsi que des piles à combustible tropicalisées avec les universités de Cayenne et de Liège (Belgique), pour remplacer les 7 000 batteries au cadmium, indispensables pour assurer l’autonomie énergétique du site lors du décollage des fusées.

Pour l’heure, malgré un changement de site pour protéger les grenouilles et la réalisation de fouilles ad hoc, il manque encore les autorisations pour construire le premier parc solaire. « Nous avons démarré le terrassement, mais le dossier est encore à l’étude par les services de la région et doit ensuite faire l’objet d’une enquête publique », précise Stéphane Ibanez, le directeur des infrastructures du centre spatial, au moment où passent dans le ciel deux vautours urubus, très présents au-dessus de la savane littorale de Guyane. Seule la première centrale biomasse, CBK1, a obtenu ses sésames administratifs et sécurisé son approvisionnement en bois.

Image d'illustration de l'articlephoto Pascal Guittet
IMG_UN1255305_24 IMG_UN1255305_24

Les fourmiliers cohabitent avec les industriels à Kourou.

Défrichage en mode peau de léopard

Pour la seconde, CBK2, Teddy Peponnet, le responsable du projet, mise sur une initiative inédite de sylviculture et d’agroforesterie, MIA, portée par l’exploitant forestier Stéphane Maillet et le cabinet Nurinvest d’Antoine Madoui, implanté, lui, à Mâcon (Saône-et-Loire). Sur une parcelle de 10 000 hectares longeant le centre spatial et qui serait louée à l’État, 3 700 hectares seront défrichés en mode peau de léopard avec une méthode innovante « à faible impact », selon Stéphane Maillet, puis replantés avec des essences adaptées au bois construction, des caféiers et des cacaotiers. Le dossier, prêt depuis 2019, est soutenu par plusieurs industriels, dont le Cnes, par la CTG et par la préfecture. Il est en attente sur le bureau du service de l’agriculture « bois et cheval ». Cela ne s’invente pas ! Le projet créera 125 emplois, fournira du bois énergie et de construction et développera de nouvelles filières agricoles. La méthode d’agroforesterie est validée par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) sur deux parcelles situées à proximité, sur le bord de la N 1, vers l’ouest, un peu avant Sinnamary. « Tout ce qu’il manque, c’est l’accord de concession », confie le forestier, au milieu d’un champ de jeunes tecks. Reste surtout à convaincre les Guyanais que déboiser un peu ici est bon pour la forêt tropicale là-bas. Une démarche favorable à l’emploi, au développement et à l’autonomie énergétique et alimentaire du territoire... « Il est important d’arrêter de voir la forêt amazonienne comme un sanctuaire », glisse l’un des membres de l’administration. Ce n’est pas si simple. Mais pas impossible.

Ivan Martin, directeur général des territoires et de la mer, préfecture de Guyane

Pourquoi la Guyane a-t-elle besoin de régimes dérogatoires au droit européen pour la biomasse ?

Il fallait pouvoir utiliser les résidus de l’exploitation forestière durable de l’ONF en bois énergie. Et s’il y a assez de bois d’œuvre, il faut aller le chercher de plus en plus loin. Il faut également arriver à capter les bois de la défriche agricole, qui sont encore aujourd’hui brûlés. Et, si la sylviculture n’est pas taboue, elle est difficile à développer ici à cause de fortes contraintes sur l’usage du foncier. Nous allons mettre à l’étude un plan régional biomasse. Et il est intéressant qu’un démonstrateur d’agroforesterie comme MIA voie le jour. Il faudrait aussi que la Commission de régulation de l’énergie fixe un tarif de la tonne de bois énergie.

Où en est la révision de la programmation pluriannuelle de l’énergie, la PPE ?

Il y a une dilatation du temps. Les objectifs de 2023 de la précédente PPE seront atteints, mais en 2027 ou 2028. Dans la nouvelle PPE à dix ans, il y aura un objectif de report modal, vers les transports en commun et les véhicules électriques. Avec la fin de la vente des véhicules thermiques en 2035, le projet Hyguane du Centre spatial de Guyane avec son volet mobilité hydrogène urbaine sur Kourou est capital car il prend en compte la spécificité ultramarine pour les piles à combustible. Il portera la voix des pionniers innovants qui existent encore. 

Un projet solaire-hydrogène contesté dans l’Ouest guyanais

Du jamais-vu en Guyane ! Début novembre 2022, des Amérindiens ont envahi le chantier de la Centrale électrique de l’Ouest guyanais (Ceog) où le bordelais HDF Energy commençait l’installation du plus puissant parc solaire avec stockage hydrogène du monde. Les engins de défrichage ont dû repartir. La base vie de la Ceog a été démantelée et le site est devenu « zone de résistance ». La population veut que la centrale, à 1,6 km du village de Prospérité, soit déplacée. D’une capacité de 10 MW le jour et 3 MW la nuit, elle doit sécuriser l’alimentation de Saint-Laurent-du-Maroni. « Le projet a reçu toutes les autorisations. Il est fondamental et prioritaire. Mais tout projet EnR est très compliqué à mettre en œuvre ici », déplore Ivan Martin, le directeur des territoires à la préfecture. Pourtant, un accord avec indemnités avait bien été négocié par HDF Energy avec le chef coutumier de Prospérité, Roland Sjabere. Ce dernier avait même obtenu des aménagements du parc de 77 hectares, dont 40 de panneaux, pour faciliter l’usage coutumier des 4 346 hectares limitrophes rétrocédés à la communauté du village par l’État. En janvier 2023, les élus locaux signaient dans Le Monde une tribune pour défendre le projet. Le 1er mars, après une reprise du chantier sous la protection des gendarmes, la ligue des droits de l’homme dénonçait « des intimidations récurrentes des forces de l’ordre pour faire taire les légitimes revendications des villageoises et villageois »

Abonnés
Le baromètre de l’énergie
Prix de l’électricité et du gaz, production nucléaire, éolienne et hydraulique… Notre point hebdo sur l’énergie en France.
Nos infographiesOpens in new window
Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
78 - Rambouillet
Date de réponse 30/04/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs